Ana et Angelica sont à l'aéroport

Elles ont quitté le centre fermé 127bis ce matin. Il est prévu qu'elles doivent prendre un avion qui décollera de Zaventem à 18 h 50, direction Quito, la capitale de l'Equateur. Jusque là, elles patienteront au centre INAD de l'aéroport, un centre... fermé réservé aux personnes qui n'ont pas accès au territoire.Faut-il expulser Angelica ? Réagissez sur notre nouveau forum

Ana et Angelica sont à l'aéroport
©TANGUY JOCKMANS
BELGA

La mobilisation s'est poursuivie lundi pour tenter d'empêcher l'expulsion vers Quito d'Ana Cajamarca et de sa fille Angelica (11 ans), deux Equatoriennes interpellées en séjour illégal le 30 juin à Dilbeek et retenues depuis lors dans le centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel.

Les deux femmes ont été emmenées lundi en début de matinée au centre INAD de Brussels Airport d'où elles doivent prendre, si elles l'acceptent, un avion pour Quito, via Amsterdam lundi à 18H50. Un médecin choisi par la défense de ces deux Equatoriennes pourra les examiner lundi en début d'après-midi. Selon des proches d'Ana et Angelica Cajamarca, elles auraient été séparées, éventuellement menottées et on les aurait forcées à prendre des médicaments.

"Nous avons demandé dans la matinée qu'elles puissent être examinées par un médecin pour, dans le cas où cela se révélerait exact, introduire une requête en urgence devant un tribunal pour constater le traitement inhumain et contester l'expulsion prévue", explique Me Valentin Henkinbrant, un des avocats des deux femmes. La requête a été introduite en début d'après-midi. La décision de la poursuivre se prendra sur base du rapport du médecin, a précisé Me Henkinbrant.

L'Office des étrangers conteste fermement les mauvais traitements, affirmant qu'elles n'ont été ni menottées, ni séparées, ni droguées. "Le centre INAD est tout petit. Il n'y a qu'une section femme et une section homme. Elles sont ensemble", dit Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des étrangers. "Imposer des médicaments est formellement interdit par la commission Vermeersch, qui a établi un rapport sur les procédures d'éloignement. Je suis catégorique. Ni les policiers, ni l'Office des étrangers n'ont donné de médicaments", dit Mme Ernould.

L'Office des étrangers a accepté qu'elles puissent être examinées par le médecin qui accompagnait leur avocate à l'aéroport. Cet examen aura lieu en début d'après-midi, a indiqué Mme Ernould. L'expulsion est programmée à 18H50. Quatre membres de la police fédérale se trouveront dans l'avion. Parmi ceux-ci, un psychologue et un policier parlant espagnol, a indiqué l'Office des étrangers.

Elles seront invitées à monter volontairement dans l'avion. Ana et Angelica ont toujours dit, qu'installées depuis quatre ans en Belgique où elles sont intégrées, elles voulaient rester. L'Office des étrangers n'exclut pas que des menottes puissent être utilisées par les policiers si elles s'opposent à l'expulsion. Des collectifs défendant les intérêts des sans-papiers, comme l'UDEP et la CRER, ont poursuivi la mobilisation lundi. Accompagnés de membres de la famille d'Angelica, notamment la soeur du père d'Angelica, ils comptent remettre au Palais royal de Laeken une lettre rédigée par Angelica. Ils se sont également rendus au siège du MR pour demander la position du parti sur les sans-papiers.

Lundi dès 16H00, ils comptent sensibiliser les passagers devant prendre place à bord du vol Bruxelles-Amsterdam-Quito pour qu'ils s'opposent à la présence dans l'avion de deux personnes expulsées contre leur gré. Le commandant de bord peut également s'opposer au décollage s'il estime que la sécurité du vol peut être compromise. D'autres associations, comme la Ligue des familles, se sont indignées du sort d'Angelica et sa maman. La Ligue souligne notamment qu'elles sont parfaitement régularisables. "Faux", dit l'Office des étrangers en faisant valoir que son père serait en séjour illégal et qu'Ana Cajamarca est toujours mariée avec lui et vivrait avec un Belge qui est lui-même marié et séparé, sans être divorcé.