Angelica : quel constat de carence !

Si l'on s'en tient au strict registre de l'émotion, on ne peut que se réjouir de la libération, au bout d'un suspense éprouvant, d'Angelica et de sa maman, enfermées au centre 127 bis de Steenokkerzeel dans l'attente d'une expulsion qui devait intervenir lundi soir et qu'une décision de justice a empêchée in extremis.

Si l'on s'en tient au strict registre de l'émotion, on ne peut que se réjouir de la libération, au bout d'un suspense éprouvant, d'Angelica et de sa maman, enfermées au centre 127 bis de Steenokkerzeel dans l'attente d'une expulsion qui devait intervenir lundi soir et qu'une décision de justice a empêchée in extremis.

Une décision prise alors que, dans le hall de l'aéroport de Bruxelles-National et un peu partout en Belgique, une mobilisation bruyante se poursuivait afin de mettre, au moins provisoirement, fin à l'épreuve traversée par deux femmes, une adulte et une mineure, venues chercher un mieux-être dans notre pays voici cinq longues années.

On peut s'étonner de la médiatisation de leur cas alors que tant d'autres demandeurs d'asile déboutés ou d'illégaux installés en Belgique dans une clandestinité qui arrange bien certains employeurs connaissent les mêmes affres et les mêmes traitements. On peut aussi se demander si la situation particulière de la famille (aucune demande d'aucune sorte n'a été déposée) et sa nationalité (l'Equateur est un pays pauvre mais ce n'est pas une dictature sanglante) ne plaident pas en sa défaveur. On peut encore s'interroger sur l'opportunité de leur accorder un régime de faveur alors que la loi est la loi et que ne pas répondre aux critères qu'elle définit expose, notamment, à l'expulsion.

Que l'on prenne le problème par un bout ou par l'autre, que l'on développe des thèses généreuses voire angélistes ou que l'on se réfugie derrière une attitude rigoureuse voire cynique ne changera pas les données suivantes.

Les procédures d'asile ou de régularisation sont trop longues et ces lenteurs créent une situation de fait qui rend toute sanction difficile à accepter pour celui qui en fait l'objet et à admettre si l'on est animé d'un tant soit peu de sollicitude pour son prochain. Par ailleurs, l'enfermement d'adultes qui n'ont commis aucune infraction et, a fortiori, d'enfants sans défense fait honte à une démocratie qui se voit régulièrement tancée par des juridictions internationales.

Aujourd'hui, de nombreux politiques montent au créneau. Par le passé, ils se sont surtout signalés par leur passivité, leur volonté de ne pas effaroucher leurs électeurs, laissant l'administration se débrouiller et le Conseil d'Etat patauger dans un effrayant arriéré. S'ils se réveillent, c'est tant mieux mais c'est bien tard. Le futur gouvernement a, en tout état de cause, un sérieux défi à relever.

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