Un mois de juillet pourri ? Pas du tout

Selon M. Vandiepenbeeck, climatologue à l'IRM, tous les paramètres sont "normaux". Il a fait un peu plus humide et plus sombre qu'à l'habitude mais aussi un peu plus chaud.

Un mois de juillet pourri ? Pas du tout
©Bauweraerts
J.-C.M.

Un mois de juillet pourri ? "Pas du tout , répond, avec son flegme légendaire, Marc Vandiepenbeeck, climatologue à l'Institut royal météorologique. Nous nous inscrivons dans un scénario tout ce qu'il y a de normal."

Ah bon. "Mais oui, argumente le climatologue. Du point de vue des températures, on est actuellement à 17,4°. Si l'on tient compte des deux derniers jours du mois, on tournera autour des 17,5°. La normale est de 17,1°. Pas de quoi fouetter un chat."

Certes, l'an passé, juillet a battu tous les records avec ses 23° et, d'une année à l'autre, la comparaison est cruelle mais ceux qui ont grelotté se consoleront en apprenant qu'en juillet 1841, le thermomètre n'a pas dépassé les 13,4°.

Si l'on prend en compte le paramètre de la pluviosité, rien de très particulier à signaler non plus. " Il ne devrait plus pleuvoir ce 31 juillet et le bilan s'arrêtera donc sur une cote de 96,7 litres par mètre carré, alors que la normale est de 74,3 litres. La situation est jugée anormale à partir de 108 litres. On en est loin. En 1942, il était tombé 196,5 litres pour 2,9 litres seulement en 1885" , précise M. Vandiepenbeeck.

Attention : ces observations sont faites à Uccle. Notre interlocuteur reconnaît que les Tournaisiens et les habitants de Flandre occidentale ne se satisferont pas de ces explications, eux qui ont vu, à répétition, le déluge leur tomber sur la tête. "Il est évident que pour ces habitants-là, les statistiques seront différentes. Il est à plusieurs reprises tombé plus de 40 litres de pluie en 24 heures et l'on devrait se situer dans ces régions dans le domaine de l'exceptionnel."

Même l'ensoleillement...

Combien de journées de juillet ont-elles vu la pluie s'en donner à coeur joie ? Dix-huit. Quelle est la normale ? Dix-sept. "Vous voyez bien que juillet 2007 s'inscrit dans la banalité" , s'amuse M. Vandiepenbeeck.

Il reconnaît certes un léger déficit en matière d'ensoleillement. "On atteindra un petit 170 heures pour l'ensemble du mois alors que la moyenne est 195 heures. Mais pour que la situation soit considérée comme anormale, il eût fallu qu'on demeurât sous les 145 heures. Ce ne sera pas le cas. D'accord, on est loin des 314,4 heures d'insolation de 1959 mais en 2000, le soleil n'a brillé que 93,1 heures. Alors de quoi se plaint-on ?" OK. On rend les armes. Mais pourvu quand même qu'au mois d'août...