Une plainte sera déposée contre X pour violences

Les avocats des Equatoriennes Ana Cajamarca et sa fille Angelica déposeront plainte jeudi contre X pour violences, a-t-on appris mardi lors d'un point presse. La mère a indiqué avoir été maltraitée par trois policiers alors qu'elle refusait de monter dans un avion en vue de son expulsion.

BELGA

Les avocats d'Ana Cajamarca et de sa fille Angelica déposeront plainte jeudi contre X pour violences, a-t-on appris mardi lors d'un point presse.

La mère a indiqué avoir été maltraitée par trois policiers alors qu'elle refusait de monter dans un avion. "Ce sera au juge d'instruction à identifier les responsabilités", a indiqué Me Selma Benkhelifa, avocate de la mère équatorienne et de sa fille.

Lundi matin, Ana Cajamarca et sa fille Angelica enfermées depuis le 1er juillet au centre fermé 127 bis ont été réveillées vers 7 heures, a expliqué Me Benkhelifa. En panique, elles ont été emmenées en camionnette vers le Brussels Airport. Elles n'ont pas été menottées et n'ont subi aucune violence durant leur transfert.

Dès leur arrivée à l'aéroport avant 8 heures, elles auraient été contraintes de monter dans un avion. Quand la mère a marqué son refus, elle aurait subi des violences sur le tarmac. Elle aurait, selon ses déclarations, été mise au sol et maintenue avec le genou d'un policier contre son thorax. Un médecin a constaté des hématomes aux deux genoux, une blessure au tibia et aux mains. Ana Cajamarca, qui a montré ses blessures aux genoux à la presse, souffre de douleur à la cage thoracique. "Pourquoi a-t-elle été conduite vers un avion si tôt alors que le vol était annoncé officiellement à 18H50?", s'interroge Me Selma Benkhelifa. La rébellion, manifestée par la mère selon l'Office des étrangers, ne peut être justifiée aux yeux des avocats d'Ana Cajamarca puisque la directrice du centre 127 bis aurait déclaré devant le délégué général aux droits de l'enfant Claude Lelièvre et trois parlementaires que la force n'était pas exercée lors de la première expulsion et que la personne expulsée avait le droit la première fois de s'opposer à son expulsion.

La fillette de 11 ans, Angelica, a remercié lors de la conférence de presse toutes les personnes qui l'avaient soutenue durant sa détention au centre fermé, notamment les enfants qui lui avaient envoyé du courrier. Elle a indiqué que la médiatisation de cette affaire avait permis aux personnes extérieures de se rendre compte de ce qui se passe dans les centres fermés et "qu'il est horrible d'être enfermé".

Elle a déclaré qu'elle espérait que les autres enfants actuellement détenus en centres fermés puissent sortir à leur tour et rester en Belgique. Elle a exprimé le souhait de devenir plus tard avocate et a promis qu'elle aiderait les enfants.

Selon l'Union de défense des sans-papiers, le centre fermé 127 bis abrite actuellement deux jumeaux tchétchènes de 1 an et demi, une femme enceinte de quatre mois, un enfant malade de 8 ans, deux enfants philippins de 2 et 6 ans, un enfant népalais de 2 ans et une famille de trois enfants.

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