"Les policiers ne sont pas des bourreaux"

Les policiers de l'aéroport de Zaventem n'ont pas du tout apprécié la stigmatisation dont ils disent avoir été l'objet autour de l'expulsion de Angelica et de sa maman ces derniers jours. Après un démenti formel de la part de la police fédérale quant aux accusations de violence dont les deux Equatoriennes disent avoir été victimes, c'est à présent l'un des principaux syndicats des forces de l'ordre qui monte au créneau.

Grégoire Comhaire
"Les policiers ne sont pas des bourreaux"
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Les policiers de l'aéroport de Zaventem n'ont pas du tout apprécié la stigmatisation dont ils disent avoir été l'objet autour de l'expulsion de Angelica et de sa maman ces derniers jours. Après un démenti formel de la part de la police fédérale quant aux accusations de violence dont les deux Equatoriennes disent avoir été victimes, c'est à présent l'un des principaux syndicats des forces de l'ordre qui monte au créneau.

"Ce sont des vautours" a déclaré à la RTBF Philip Van Hamme, le porte-parole du syndicat de police SNPS-NSPV, qui accuse les avocats de la famille Cajamarca de "profiter de la misère de ces gens".

Le porte-parole syndical a aussi violemment critiqué la décision de justice qui a mené à la remise en liberté des deux Equatoriennes alors que celles-ci étaient en route vers Amsterdam pour y être rapatriées vers l'Equateur. Il a dit craindre que cette décision soit confirmée en appel, car cela reviendrait, selon lui, à "fermer la boutique des rapatriements". "N'importe quel étranger ayant des enfants pourrait ainsi rester en Belgique", estime ainsi le syndicat.

Du côté de l'Office des étrangers, on temporise ces propos, estimant qu'ils traduisent surtout la frustration des policiers dans ce dossier. On ne s'alarme pas non plus d'une possible confirmation en appel du verdict de lundi. En effet, même si le tribunal a estimé que les conditions de détention d'Angelica avaient causé chez elle "un important traumatisme psychologique constitutif d'un traitement inhumain et dégradant", l'Office tient à rappeler que le juge n'a statué que sur un cas individuel et qu'une confirmation de cette décision en appel n'empêcherait en rien la détention à l'avenir de mineurs en centre fermé, de même que leur expulsion vers leur pays d'origine.

Le syndicat Sypol se veut lui aussi plus modéré que son homologue du SNPS, regrettant également les accusations sans preuves dont les policiers et l'Office des étrangers ont fait l'objet dans cette affaire tout en reconnaissant néanmoins, que des abus ont déjà été commis par le passé et notamment dans l'affaire Sedima Adamu. "Tout débordement doit évidemment être sévèrement sanctionné", estime le secrétaire général du syndicat Sypol, "mais il ne faut pas prendre les policiers et l'Office des étrangers pour des bourreaux."

Les deux syndicats policiers se rejoignent pour fustiger l'attitude du ministre de l'Intérieur Patrick Dewael (Open VLD) et son manque de soutien dans cette affaire envers les fonctionnaires de police mis en cause. Le secrétaire de Sypol, va même plus loin en dénonçant l'attitude du gouvernement qui continue d'enfermer des mineurs en centre fermé, malgré le fait que l'Etat belge ait déjà été condamné par le passé pour de telles pratiques. "Les policiers eux ne font qu'appliquer les lois et ne doivent pas être victimes de l'hypocrisie du gouvernement", lâche-t-il.

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