Plainte contre X

Les avocats d'Ana Cajamarca et de sa fille Angelica (11 ans) ont déposé jeudi au parquet de Bruxelles plainte contre X pour les violences présumées commises lors de leur tentative d'expulsion vers l'Equateur lundi, a-t-on appris auprès d'un de leurs avocats, Me Valentin Henkinbrant.

BELGA
Plainte contre X
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Les avocats d'Ana Cajamarca et de sa fille Angelica (11 ans) ont déposé jeudi au parquet de Bruxelles plainte contre X pour les violences présumées commises lors de leur tentative d'expulsion vers l'Equateur lundi, a-t-on appris auprès d'un de leurs avocats, Me Valentin Henkinbrant.

Ceux-ci constituent le dossier de régularisation qu'ils déposeront au nom de leur cliente. Ils estiment inacceptables les propos tenus par le président d'un syndicat policier qui les avait traités de "vautours" profitant de la misère humaine.

Mardi la police fédérale avait démenti avoir maltraité les deux Equatoriennes. L'office des étrangers avait admis qu'il y avait eu une confrontation. Il s'était justifié en affirmant que la mère d'Angelica avait tenté de s'évader à l'aéroport. "La plainte a été enregistrée. D'ici une quinzaine de jours, un juge d'instruction devrait être désigné", a précisé Me Henkinbrant. "Il appartiendra au juge d'instruction qui sera saisi de la plainte de Mme Ana Cajamarca et de sa fille Angelica pour les mauvais traitements et les coups dénoncés par celles-ci de faire la lumière sur les événements de cette journée et d'établir tant les responsabilités pénales éventuelles que leurs auteurs", dit l'avocat.

Ana et Angelica sont en train de récupérer. Elles ont encore vu un médecin mercredi et jeudi. Leur dossier de régularisation est en voie de constitution. Il s'agit notamment de rassembler une série de documents: attestations scolaires d'Angelica, éventuelles attestations de formation d'Ana, références des personnes membres de la famille qui sont en Belgique, lettres de proches et d'amis qui peuvent montrer qu'elles s'inscrivent dans un réseau social en Belgique. "Toutes ces démarches peuvent prendre quelques jours", souligne Me Henkinbrant. Le dossier sera ensuite introduit, comme le prévoit la loi, auprès du bourgmestre de Saint-Josse où elles résident. Après une enquête attestant qu'elles habitent bien à l'adresse, la commune communique le dossier à l'Office des étrangers.

Les avocats n'acceptent pas les critiques d'un syndicat de police les comparant à des vautours. "Nous faisons notre travail correctement et de manière intègre dans le but de permettre aussi aux plus faibles de notre société de vivre conformément à la dignité humaine. Nous n'acceptons donc pas ces propos", ont-ils souligné jeudi après-midi dans un communiqué.

Ils estiment que le rôle de l'avocat est de tout mettre en oeuvre pour empêcher la poursuite de ces pratiques scandaleuses que sont les enfermements d'enfants en centres fermés, dénoncés depuis 1999. Ils tiennent à rappeler que "les conditions de rapatriement de personnes en séjour illégal ont fait l'objet de - très - nombreuses plaintes".