Leterme, le mal aimé des francophones

Les Belges le voient bien comme Premier ministre. Mais la courte avance d'opinions favorables (53,04) cache de profondes divergences régionales. Car une majorité de francophones, s'ils en avaient le choix, le rejetteraient.

Leterme, le mal aimé des francophones
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V.d.W.

Les sondages se suivent... et se complètent. Mardi, d'un sondage publié par "La Dernière Heure", il ressortait que le dossier communautaire, qui accapare les négociateurs, ne méritait pas une crise : 67,39 pc se prononçaient dans ce sens et l'on notait, aussi, une relative stabilité du corps électoral par rapport au scrutin du 10 juin dernier.

Dans l'enquête que nous publions aujourd'hui, les Belges ont été invités à donner leur avis sur les problèmes dont devraient se soucier les négociateurs, mais également sur les acteurs.

1. Yves Leterme. S'ils avaient la possibilité de décider, les Belges accepteraient-ils Yves Leterme comme Premier ministre ? Au total, sur l'ensemble des personnes sondées dans toutes les provinces du pays, les gens le plébiscitent... timidement : 53,04 pc répondent "oui" et 46,96 pc répondent "non". Mais ce résultat cache de grandes divergences régionales car les francophones le rejettent globalement. Ce sont les Namurois (88,64 pc) qui y sont les plus opposés, suivis des Luxembourgeois (79,17 pc) et des Liégeois (73 pc). Dans aucune province, il ne dépasse 27 pc (dans le Hainaut où il a des attaches familiales) d'opinions favorables. A Bruxelles, il est rejeté comme Premier par 75 pc. En revanche, en Flandre, il est la coqueluche des Anversois (75,61 pc), des habitants de Flandre orientale (75 pc), des Limbourgeois (68,29 pc).

Ces différences entre le Nord et le Sud sont habituelles mais cela démontre qu'avant de devenir le Premier ministre dans le coeur de tous les Belges, Yves Leterme doit encore convaincre...

2 Les Flamands. Et si le Pre- mier était flamand, qui d'autre choisiriez-vous ? Voilà un résultat qui va faire plaisir à celui qui coule des jours heureux en Toscane : Guy Verhofstadt arrive largement en tête avec 60,54 pc des suffrages, loin devant Johan Vande Lanotte avec 14,20 pc et Jean-Luc Dehaene (12,53 pc).

3 Les francophones. Et si le Premier ministre était francophone ? Le match est assez serré. Mais c'est toujours Louis Michel (MR), qui arrive en tête (27,77 pc) devant... deux ex aequo : Didier Reynders et Elio Di Rupo obtiennent exactement le même score (26,72 pc). Joëlle Milquet recueille 8,98 pc : son faible résultat est surtout dû au fait que, dans certaines provinces flamandes, elle obtient... zéro. A noter que c'est dans le Brabant wallon que la présidente du CDH est la plus populaire pour cette fonction (14,29 pc).

4 Francophone ou flamand ? Au niveau national, une courte majorité se dégage pour envisager une à l'alternance francophone/flamand au poste de Premier ministre (51,67 pc de "oui" contre 48,33 pc de "non"). Les francophones y sont très favorables, les Flamands, modérément opposés.

5 La réforme de l'Etat. Prioritaire ? Le "oui" se dégage à avec 49,22 pc grâce, on s'en doute, à l'avis prédominant des Flamands.

6 Les autres problèmes. De quoi alors doit-on s'occuper ? De l'emploi, de la justice et de la sécurité, de l'environnement, de la fiscalité et des réfugiés, répondent les sondés.

7 Et s'ils n'aboutissent pas en octobre ? Le scénario qui a la faveur des Belges c'est... un retour aux élections (48,82 pc). Les autres (37,35 pc) incitent les négociateurs à continuer tandis que 13,82 pc (des Flamands mais aussi quelques francophones) estiment qu'il faudrait envisager des scénarios de scission du pays.

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