Libre mais pour combien de temps ?

Trois semaines déjà qu'Angelica et sa maman sont libres. Trois semaines depuis cette soudaine décision de justice tombée presque miraculeusement alors qu'un fourgon de la Police fédérale les emmenait vers Amstersam d'où elles devaient embarquer de force dans un avion vers l'Equateur.

Grégoire Comhaire
Libre mais pour combien de temps ?
©BELGA

Trois semaines déjà qu'Angelica et sa maman sont libres. Trois semaines depuis cette soudaine décision de justice tombée presque miraculeusement alors qu'un fourgon de la Police fédérale les emmenait vers Amstersam d'où elles devaient embarquer de force dans un avion vers l'Equateur. Trois semaines donc, pour retrouver le goût de la liberté et profiter de ce qui reste de cet été pluvieux, commencé le 30 juin dernier derrière les barreaux du 127bis. Mais si la rentrée des classes approche à grands pas pour Angelica, son avenir en Belgique demeure néanmoins bien précaire en l'état actuel des choses.

Toujours illégale

On se souvient que l'ordonnance de libération immédiate prise à son égard faisait suite à une action en référé introduite par ses avocats, qui avait conclu que les conditions de détention qu'elle avait subi constituaient "un traitement inhumain et dégradant".

Cette décision provisoire ne contredit pourtant en rien l'Ordre de quitter le territoire dont elle et sa maman font l'objet. Angelica reste donc bel et bien illégale sur le territoire belge.

L'affaire n'en est évidemment pas close pour autant, puisque à cette décision unilatérale du juge, l'Office des étrangers a depuis lors fait une "tierce opposition", contestant notamment la compétence du tribunal de première instance dans ce dossier et l'urgence invoquée alors par les avocats.

C'est le 18 septembre prochain qu'aura lieu l'audience en présence des deux parties, lors de laquelle cette ordonnance de libération sera confirmée ou non. On saura alors si l'interdiction faites aux autorités belges d'enfermer Angelica est confirmée. Si tel n'était pas le cas, elle et sa maman pourraient à tout moment être arrêtées à nouveau et expulsées par la force.

Mais quelle que soit l'issue de l'audience, les avocats de la famille d'Angelica espèrent surtout obtenir une régularisation de leur clients et se sont donc attelés ces derniers jours à peaufiner le dossier qu'ils comptent déposer à cette fin auprès du bourgmestre de Saint-Josse.

Outre l'attestation scolaire d'Angelica qui montre que c'est en Belgique qu'elle a débuté et suivi l'ensemble de sa scolarité ainsi que les nombreuses lettres d'amis qu'il a fallu rassembler pour montrer l'ancrage et l'intégration de la famille dans notre pays, ce sont surtout les projets de mariage de Ana, la mère d'Angelica, avec son compagnon belge qui permettront peut-être à Angelica de dormir bientôt à poings fermés, loin des sirènes de police qui la font encore tressaillir.

Mais pour ce faire, il faudra encore régler la procédure de divorce de ses parents (toujours mariés légalement) avec le consulat d'Equateur, ainsi que celle que doit aussi entamer son futur beau-père avec son ancienne épouse. Beaucoup de démarches administratives en perspective donc, qui permettront peut-être une issue heureuse, d'autant qu'Ana a d'ores et déjà reçu une promesse d'embauche de la part d'une société de nettoyage si elle venait à être régularisée.

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