L'explorateur de Leterme

La nomination d'Herman Van Rompuy comme explorateur n'est pas vraiment une surprise. Il devrait préparer le terrain pour Yves Leterme.Après la consultation des ministres d'Etat, c'est aussi un orfèvre ès-négociations. L'édito de Michel Konen Les choses sérieuses commencent Des étudiants flamands proclament l'indépendance de la Flandre Notre dossier: Val Duchesse Academy Réagissez sur notre forum Herman Van Rompuy

Christian Laporte
L'explorateur de Leterme
©BELGA

Mercredi après-midi, Herman Van Rompuy (CD & V) a donc été chargé par le Roi d '"une mission d'exploration afin de trouver une solution à la crise politique actuelle".

Le choix du président de la Chambre n'est pas vraiment une surprise mais c'est plutôt la rapidité de la décision royale qui a surpris. En effet, il y avait un large consensus pour faire monter en ligne l'aîné de la fratrie Van Rompuy qui a été au four et au moulin des négociations communautaires des années 80 et 90 et qui possède parfaitement les dossiers socio-économiques. Enfin, Herman Van Rompuy est un des rares députés à garder des contacts en Belgique francophone. La fonction d'explorateur, plus médiateur qu'informateur peut surprendre mais n'est pas unique : les plus anciens se souviennent que lors de la difficile formation du gouvernement Eyskens après le "Walen buiten", le CVP Adhémar d'Alcantara avait déjà "exploré" le terrain pour Eyskens Père.

Ici, Herman Van Rompuy doit surtout débroussailler le terrain pour le formateur à la fois pour trouver une solution pour BHV, pour envisager une réforme de l'Etat et, last but not least, pour jeter les bases de la politique économique et sociale de l'orange bleue. Pour le dire en termes sportifs, Van Rompuy doit lancer le sprint final pour le formateur, plus que vraisemblablement Yves Leterme à l'instar de ce que fait Steegmans pour Tom Boonen.

Une certitude : alors que le choix des co-médiateurs Langendries et De Croo avait été contesté par Yves Leterme et la N-VA au sein de la potentielle majorité orange bleue, l'on s'est rangé sans réserves cette fois derrière le choix du Roi.

Albert II avait donc bouclé la boucle, mercredi midi en recevant Louis Michel, dernier des ministres d'Etat appelés en consultation après avoir reçu plus tôt le matin MM Langendries et De Croo. Mercredi matin, dans "Le Soir", Antoinette Spaak (FDF) se plaignait amèrement de n'avoir pas été appelée au Palais. Il nous revient que ce n'était nullement par ostracisme anti-féminin ou anti-francophone : afin de ne pas trop traîner en longueur, le Roi ne recevrait que 14 ministres d'Etat, soit deux par chaque parti démocratique sauf pour Ecolo et Groen ! qui n'en ont qu'un. Et s'il n'en a finalement reçu que 13, c'est parce que Karel Van Miert (SP.A) n'a pu se libérer...

Dès mercredi soir, Herman Van Rompuy a rencontré Yves Leterme. Il multipliera les contacts "dans la discrétion" avant de remettre un premier rapport intermédiaire au Roi.

L'objectif est clairement de ramener la sérénité entre les formations concernées alors que le... PS, par la voix d'Elio Di Rupo s'est déjà dit prêt à rencontrer l'explorateur, tout en précisant qu'il n'a pas peur d'entrer dans l'opposition.

De son côté, Didier Reynders devrait clarifier la position du MR à propos d'un compromis acceptable pour BHV : Olivier Maingain (FDF) a vivement critiqué Gérard Deprez (MCC) qui a évoqué une scission contre le maintien des facilités et la possibilité pour les francophones de voter encore à Bruxelles...