La perpétuité pour Hans Van Themsche

Le jury et la cour ont suivi le ministère public qui a requis, sans surprise, la réclusion criminelle à perpétuité.Le condamné pourrait se pourvoir en cassation.Un procès historique a pris fin. Edito: la leçon anversoise doit porter Jean-Claude Matgen parle du verdict

La perpétuité pour Hans Van Themsche
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Hans Van Themsche, 19 ans, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, jeudi, par la cour d'assises d'Anvers, après plusieurs heures de délibération.

Le jury et la cour ont suivi le ministère public, qui a réclamé cette peine au terme d'une intervention musclée.

Mercredi, tard dans la soirée, Hans Van Themsche avait été reconnu coupable de l'assassinat, avec la circonstance aggravante de racisme, de la petite Luna Drowart, 2 ans, et de sa nounou malienne Oulematou Niangadou, 25 ans, ainsi que de la tentative d'assassinat de Songul Koç, une Turque de 48 ans.

Le jury avait estimé que l'accusé était responsable de ses actes, ce qu'a toujours contesté la défense.

Jeudi, il s'agissait de déterminer la peine à infliger au coupable. L'avocat-général Franky De Keyzer n'y est pas allé par quatre chemins. Il n'a trouvé aucune circonstance atténuante aux actes commis par Hans Van Themsche le 11 ami 2006.

La perte d'un être cher est une épreuve extrêmement pénible, a-t-il déclaré, mais lorsque la mort est naturelle, on peut trouver quelques formes de consolation en évoquant la fatalité. "Mais où trouver de la consolation lorsque votre enfant ou petit-enfant est abattu ?", a-t-il scandé. Selon lui, la société tout entière a été marquée par les faits. "Le temps s'est arrêté, personne ne pouvait comprendre. Cette belle ville et ses fiers habitants se sont vu coller une étiquette qu'ils ne méritaient pas".

Selon l'avocat-général, la mort d'une enfant de 2 ans, celle d'une jeune africaine et le traumatisme à vie infligée à une femme qui ne sera plus jamais la même n'ont aucune excuse.

Pas plus d'un quart d'heure

Et le jeune âge de l'accusé ne change rien à l'affaire. La souffrance des victimes n'a que faire de cet élément, a poursuivi M. De Keyzer, qui a bouclé son réquisitoire en un petit quart d'heure. "Van Themsche n'a pas eu besoin de plus de temps pour infliger la peine de mort à Luna Drowart et à Oulematou Niangadou et pour infliger la perpétuité à Songul Koç", a-t-il conclu, réclamant la réclusion criminelle à perpétuité pour le jeune homme car une peine "moindre ne serait pas acceptable".

Dans la foulée, la défense de Hans Van Themsche, qui savait à quoi s'en tenir depuis la veille, a désespérément, au cours d'une plaidoirie d'une dizaine de minutes à peine, tenté de persuader le jury et la cour de laisser une chance à son client.

"Je reste convaincu que Hans souffre au moins d'un problème psychiatrique", a déclaré Me Herman. "En Belgique, c'est tout ou rien. Quelqu'un est responsable ou ne l'est pas", a ajouté l'avocat, faisant référence au système néerlandais qu'il estime plus nuancé. Selon lui, Hans Van Themsche "va se faire soigner".

"Vous pouvez donner un signal en n'infligeant pas la peine maximale. Un signal afin que la haine et les représailles aveugles ne règnent pas", a-t-il poursuivi. "Donnez à Hans, à ses parents et à ses frères, une chance pour le futur". Me Pol Vandemeulebroucke a quant à lui appelé les jurés à se montrer humains.

Purger dignement sa peine

Hans Van Themsche s'est exprimé une dernière fois. "J'accepterai ma peine. Je vais tenter de la purger de manière digne", a-t-il conclu.

On sait ce qu'il est advenu de tout cela. Finalement, le fait d'avoir retenu la circonstance aggravante liée au caractère raciste de l'équipée sauvage du condamné n'a pas eu d'effet concret. La peine infligée aurait pu être augmentée de deux ans supplémentaires mais comme celle qui a été choisie est la réclusion à perpétuité, la question ne se pose pas.

Ainsi s'est donc achevé, sous réserve d'un pourvoi possible, un procès qui laissera des traces chez ses acteurs et dans toute la société belge.

(avec Belga)

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