Les appels au calme se multiplient

Nonante-trois interpellations dont 85 personnes arrestations administratives, 8 judiciaires et 3 mises à disposition du parquet, voilà le lourd bilan des violentes émeutes qui ont éclaté mercredi à Schaerbeek et à Saint-Josse. Des émeutes, déclenchées par quelques centaines de jeunes à la suite d'appels au rassemblement lancés par SMS et qui ont créé de nombreux dégâts matériels.

Les appels au calme se multiplient
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Grégoire Comhaire

Nonante-trois interpellations dont 85 personnes arrestations administratives, 8 judiciaires et 3 mises à disposition du parquet, voilà le lourd bilan des violentes émeutes qui ont éclaté mercredi à Schaerbeek et à Saint-Josse. Des émeutes, déclenchées par quelques centaines de jeunes à la suite d'appels au rassemblement lancés par SMS et qui ont créé de nombreux dégâts matériels. Des abribus et des vitrines ont ainsi été brisés et plusieurs trams et bus de la Stib ont été attaqués par des bandes de jeunes qui ont fait quelques blessés légers. Du côté des forces de l'ordre, on dénombrait six policiers blessés, dont quatre suffisamment que pour être mis en incapacité de travail pour une durée indéterminée. Et si le calme était revenu jeudi matin dans les rues, toutes les voix concordaient de manière unanime pour condamner ces flambées de violence.

"Nous respectons bien entendu l'expression politique, mais dans le respect du bien d'autrui et du cadre de vie, a ainsi déclaré le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (MR). Le bourgmestre qui avec son homologue de Saint-Josse, Jean Demannez (PS), a lancé un appel au calme à destination des jeunes issus de la communauté turque.

D'autres appels au calme ont surgi de toutes parts tout au long de la journée de jeudi, à commencer par celui de l'Union des associations turques. "De tels incidents desservent notre image", a ainsi déclaré Selimat Belkiran. "Ceux qui veulent manifester doivent demander une autorisation et le faire dans le calme." Le Premier ministre en affaires courantes Guy Verhofstadt a également lancé un appel au calme. Mais si, à l'heure de boucler cette édition, aucun incident n'était à déplorer dans les différents quartiers des communes concernées, le dispositif policier restait toutefois important vers la place Liedts et la place Houwaert, autour desquelles ont lieu les incidents mercredi soir.

L'ambassadeur et les médias

Outre l'extrême violence des émeutiers et le fait que celle-ci ait été déclenchée sous prétexte d'événements internationaux extérieurs à notre pays, de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en cause le rôle joué par les médias turcophones à Bruxelles et par l'ambassadeur turc. Ceux-ci sont accusés d'avoir relayé, depuis plusieurs jours, des appels à la manifestation par "solidarité" avec les soldats turcs aux prises avec les rebelles kurdes du PKK à la frontière irakienne. "L'ambassadeur devrait être déclaré persona non grata par la Belgique" estime ainsi le sénateur Ecolo Josy Dubié. "Il est totalement inacceptable que la Région de Bruxelles-Capitale et une partie de ses habitants soient pris en otage par des individus qui, par l'importation de conflits internationaux totalement extérieurs à notre pays, portent gravement atteinte à l'ordre et à la sécurité publics", a pour sa part estimé le ministre-Président de la Région bruxelloise, Charles Picqué. Des propos qui concordaient avec ceux tenus par les quelques riverains interrogés jeudi matin, lesquels regrettaient profondément les incidents de la veille.

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