Les excuses "forcées" de Bart De Wever

Décidément, il n'en démord pas. Bart De Wever, le président de la N-VA, le parti nationaliste et séparatiste flamingant, maintient : les excuses présentées dimanche par le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens, à propos du rôle des autorités de la métropole dans la déportation des Juifs, étaient

Décidément, il n'en démord pas. Bart De Wever, le président de la N-VA, le parti nationaliste et séparatiste flamingant, maintient : les excuses présentées dimanche par le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens, à propos du rôle des autorités de la métropole dans la déportation des Juifs, étaient "gratuites" . Parce que, juge-t-il, il est "facile de présenter des excuses 65 ans après les faits" .

Il est évidemment plus facile encore de se taire. Il est plus facile encore, et plus commode surtout, de faire comme si rien ne s'était passé.

Et, comment peut-on en douter ?, s'il y a eu méprise sur la teneur de ses propos, c'est parce qu'ils ont été sortis de leur contexte. La faute aux journalistes, sans doute.

On ne dira pas de Bart De Wever qu'il est nostalgique des années noires. Il n'empêche. Il est des faux pas qu'il vaut mieux éviter. Particulièrement quand dans les rangs de son propre parti, on compte des membres qui n'ont pas un passé virginal et qui se sont distingués dans les organisations nationalistes les plus extrêmes.

Avec l'ancien ministre CD & V Mark Eyskens, on ne peut que juger "les déclarations de monsieur De Wever grossières, choquantes et totalement déplacées pour la communauté juive de Belgique. On y sent même un soupçon d'antisémitisme".

La rencontre, à sa demande, de Bart De Wever avec les responsables de la communauté juive était le minimum de ce que l'on pouvait attendre de lui. Quant à la sincérité des excuses qu'il a présentées, elles ont, pour le moins, l'air embarrassé. On les eût voulues plus franches et sans ambiguïté.

Que Bart De Wever ait raté là une occasion de se taire ne fait aucun doute. Son compagnon de cartel, le CD & V n'a pas été le dernier à se démarquer du président de la N-VA, faisant part de son incompréhension devant ses déclarations. Tous les autres partis, du nord comme du sud, ont eux aussi fait part de leur indignation. A l'exception, mais faut-il s'en étonner, du Vlaams Belang.

Le dérapage verbal de Bart De Wever illustre le malaise historique du mouvement flamand avec un passé que,consciemment ou non, il tente, toujours, d'excuser voire de justifier.

Une attitude qui permet de mieux comprendre aussi pourquoi les actuelles négociations pour la formation du gouvernement de l'orange bleue butent sur le communautaire. Le nationalisme ne permet aucun compromis.