C'est vraiment la fête du Roi ?

Pas évident d'avoir le coeur à la fête dans le contexte institutionnel présent ! Et pourtant, ce jeudi 15 novembre, la Belgique officielle (sauf le Vlaams parlement) fêtera bel et bien le Roi à l'occasion de la saint Léopold !

C'est vraiment la fête du Roi ?
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Christian Laporte

éclairage

Pas évident d'avoir le coeur à la fête dans le contexte institutionnel présent ! Et pourtant, ce jeudi 15 novembre, la Belgique officielle (sauf le Vlaams parlement) fêtera bel et bien le Roi à l'occasion de la saint Léopold ! Et comme on ne change pas une formule gagnante, le programme du jour ressemblera comme un frère à celui de l'an dernier... On précisera quand même que cela se passera cette fois-ci en l'absence du principal intéressé qui avait exceptionnellement participé aux manifestations de 2006 parce qu'elles marquaient les 175 ans de la Dynastie. Rien de tel, cette année où seule la reine Fabiola et les enfants et beaux-enfants d'Albert II seront de la partie.

Avec d'abord, un Te Deum privé organisé par le cardinal Danneels à la cathédrale de Bruxelles. On notera que l'"action de grâce" catholique au chef de l'Etat n'a jamais eu autant de succès que depuis qu'elle n'est plus officielle. Notamment, parce que nombre de laïques y assistent désormais en toute liberté ! Qui plus est, elle est oecuménique et interreligieuse.

Y entendra-t-on le cardinal tenir de mâles propos sur la crise politique et sur les périls qui guettent la Belgique ? Rien n'est moins sûr mais Godfried Danneels n'a pas l'habitude de tenir uniquement des propos protocolaires...

L'après-midi, peu après 14 h, une cérémonie militaire se tiendra devant le palais de Bruxelles mais le principal moment de fête, civile et citoyenne, se tiendra juste en face au palais de la Nation à partir de 16h30. Bon an, mal an, c'est l'occasion pour le gouvernement et les assemblées législatives fédérales de mettre en exergue une dimension de la Belgique fédérale. Cette année, c'est la... coopération au développement. De quoi permettre des jeux de mots un tantinet perfides sur la situation politique actuelle mais on peut déjà vous dire que ni le Premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, ni, a fortiori les présidents de la Chambre et du Sénat, chargés de la mission de paix nationale que l'on sait, ne se laisseront aller à des dérapages verbaux. On précisera encore que c'est Helmut Lotti qui chantera la Brabançonne à la fin de la cérémonie...

Vlaams parlement au boulot

Si les administrations fédérales seront en congé, ce ne sera pas le cas du Vlaams parlement qui travaillera normalement...

Un certain nombre de fonctionnaires flamands seront cependant en congé mais cela pourrait changer : la N-VA qui a déjà été à la manoeuvre pour que l'assemblée nordiste ne fasse pas relâche ce 15 novembre veut maintenant supprimer le jour de congé de la fête de la Dynastie et d'octroyer ce jour-là, le 9 mai pour fêter l'Europe...


Albert II dans la mare au Canard Le Canard Enchaîné de mercredi s'en donne à coeur joie à propos de la crise belge. Deux caricatures, une citation ( "les Wallons redoutent les Flamands rosses") et, surtout, une interview (presque) imaginaire d'Albert II titrée : "Le bla-bla pays qui est le mien..." Extraits. Le Canard : vous êtes le garant de l'unité de la Belgique. Albert II : donner la Wallonie, non, mais je peux vous la louer [...] Ou vous donner le Brabant wallon mais vous nous rendez Annie Cordy. Ou marier Sarkozy à une de mes petites-filles à condition que Johnny Hallyday chante en flamand. Le Canard : mais comment expliquez-vous cette crise politique depuis cinq mois ? Albert II : les Belges sont en train de démontrer qu'un pays moderne marche très bien sans gouvernement. C'est la même chose en France, mais vous ne le savez pas...

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