"Aimez-vous les uns les autres..."

A la Fête du Roi, le coeur n'y était pas vraiment. La crise n'a été abordée que par le cardinal Danneels qui a lancé un appel au respect mutuel...

christian laporte

ambiance

Un peu moins de monde à la cathédrale pour le Te Deum, nettement moins de participants pour la célébration au Palais de la Nation : l'édition 2007 de la Fête du Roi a, à l'évidence, pâti de la crise politique et communautaire.

Comme on savait que les présidents des deux Chambres qui recevaient la famille royale (mais pas le héros du jour, selon une tradition bien de chez nous), étaient astreints à un devoir de réserve absolu, étant de surcroît le duo de "réconciliateurs" fédéraux qui s'étaient un tantinet brouillés eux-mêmes, il ne fallait pas s'attendre à des prises de position de leur part sur l'actualité la plus chaude.

Le plus comique - encore qu'en l'espèce c'était plutôt dramatique... - était qu'on avait choisi un thème certes porteur sur le plan fédéral, mais néanmoins un brin susceptible de susciter la polémique puisqu'il s'agissait de la coopération au développement...

Mais Herman Van Rompuy a évoqué la faim dans le monde, citant même Bernard Clavel là où Armand de Decker rendait un hommage appuyé au roi Baudouin qui avait lancé véritablement l'intérêt pour la coopération dans nos belles contrées...

En fait, le seul à s'être avancé avec un brin d'audace fut le Premier ministre toujours en exercice, Guy Verhofstadt, qui confia à la reine Fabiola ainsi qu'aux enfants et beaux-enfants du Roi et à toute l'assemblée présente qu'il ne s'attendait pas à fêter encore le Roi comme chef de l'équipe fédérale...

En passant, il glissa son propre programme communautaire qui n'était point surprenant pour les corps constitués habitués des réceptions royales : il l'avait déroulé en janvier dernier lors du raout de Nouvel An au Palais royal... Personne ne déplora cette allusion et, une fois n'est pas coutume, tous les invités du nord, du sud et de la Communauté germanophone se retrouvèrent autour de la Brabançonne trilingue d'Helmut Lotti. Inutile de préciser que bien des regards ciblèrent Yves Leterme à ce moment précis...

Verhofstadt très applaudi

Mais un ange pacificateur passa et alors que débutait la réception, on dut se frotter les mirettes à la vision d'un tableau plus surréaliste que de nature en ces temps troublés : Olivier Maingain et François-Xavier de Donnea trinquaient non point de manière expansive mais quand même dignement à la Belgique avec Pieter De Crem et Karel De Gucht. Cela n'empêcha pas l'un ou l'autre négociateur de nous confier que l'on se demandait bien comment on pourrait sortir cette fois du guêpier communautaire...

La réponse avait pourtant été fournie, très symboliquement, il est vrai, dès la fin de la matinée en l'autre lieu de célébration de la Fête du Roi : à la cathédrale, le cardinal Danneels, bien plus audacieux que de coutume sur les relations belgo-belges et tout en rappelant que "l'Eglise devait se garder d'interférer dans la politique" avait déployé un vibrant prêche pour mieux vivre dans l'altérité.

Et d'appeler son "patron" céleste à la rescousse : "Aimez-vous les uns, les autres". Avant de demander de prier "pour notre pays dans sa différence et dans son unité". Et si ça ne suffisait pas encore, le primat de Belgique cita l'épître de Paul aux Philippiens où l'apôtre plaide pour considérer les autres comme supérieurs à soi... Le message aurait pu être entendu par une dizaine d'étudiants nationalistes flamands qui avaient perturbé l'arrivée du prince Philippe. Mais celui-ci oublia vite ce trouble en recevant une belle ovation dans la nef de la cathédrale. Il n'était pas le seul : comme le 21 juillet, Guy Verhofstadt l'emporta encore à l'applaudimètre... Avec une "standing ovation" alstublieft !


"Pas de récup' politique Les initiateurs de la marche pour l'unité de la Belgique, prévue dimanche à Bruxelles, ont souligné son caractère citoyen et apolitique, jeudi, alors que plusieurs personnalités politiques, dont Elio Di Rupo, y ont déjà annoncé leur présence. "Les hommes politiques sont les bienvenus, mais en tant que citoyens et non en tant qu'hommes politiques", ont-ils annoncé, ajoutant qu'aucun d'entre-eux ne se trouverait en tête de la marche ni ne ferait de discours. L'ancien haut fonctionnaire flamand et chef de cabinets Rudy Aernoudt sera, en revanche, invité à prendre la parole. Quant à la pétition pour l'unité lancée par la Liégeoise Marie-Claire Houard, l'une des organisatrice de la marche, pétition qui a récolté 135 000 signatures depuis le début du mois d'août, elle ne sera pas remise entre les mains du président de la Chambre Herman Van Rompuy. Ce dernier a déjà annoncé qu'il ne pourrait être présent. Le président du Sénat Armand De Decker pourrait le remplacer. La pétition pourrait aussi faire l'objet d'une remise symbolique devant le siège du Parlement.