Le grand rabibochage

Le quatuor francophone s'est réuni vendredi. Il a accouché d'un communiqué en quatre points, lu à quatre voix. Au menu : BHV, les trois bourgmestres, le communautaire, et Wallonie-Bruxelles.

Pierre Gilissen
Le grand rabibochage
©BELGA

Ils ont au moins réussi à tous être à l'heure vendredi après-midi au Parlement de la Communauté française. De là à dire qu'ils sont sur la même longueur d'onde...

Didier Reynders, Jean-Michel Javaux et Elio Di Rupo (par ordre d'arrivée...) esquivent toute polémique avant la réunion mais Joëlle Milquet paraît quelque peu énervée par l'interview accordée par Didier Reynders à "La Libre": "C'est normal que les partis se rencontrent. Mais j'espère être là à l'invitation de celui qui nous invite pour trouver des solutions à la crise et pas pour la division des francophones. Depuis le début, je demande que l'on prenne de la hauteur et que l'on s'abstienne de critiques partisanes. Ce n'est pas ce que j'ai vu la semaine dernière à la télévision, ni ce matin dans les journaux." Et puis à ceux qui demandent à la bourgmestre CDH de Rhode de marquer sa solidarité avec les trois autres bourgmestres en renonçant à sa nomination : "On ne peut pas, alors qu'on se plaint d'un déni de démocratie, demander un autre déni de démocratie dans la seule commune où il n'a pas eu lieu."

A quatre voix

La réunion commence alors l'abri des caméras, et se terminera peu après 19h : tant pis pour les journaux télévisés. À l'arrivée un communiqué commun en quatre parties lu par les quatre présidents, chacun à son tour.

Sur les bourgmestres, ils expriment leur indignation, face à cette décision qui "représente tout sauf le geste d'apaisement que les partis francophones avaient demandé dans le contexte institutionnel tendu que l'on connaît [...] Nous prendrons toutes les initiatives au plan national et international pour soutenir et défendre ceux-ci sur le plan politique et juridique. [...] Une solution concernant les bourgmestres devra faire partie de toute décision relative à la périphérie." Question : une solution, c'est forcément leur nomination ? "Une solution" redit M.Reynders. "Une solution c'est une nomination", estime Mme Milquet. "On avait déjà annoncé à plusieurs reprises que l'élargissement de la Région bruxelloise pouvait aussi être une solution", souligne M. Reynders. Il souligne encore que les bourgmestres ont reçu aujourd'hui le soutien de la Cocof. Ironique au lendemain du plaidoyer de la MR Françoise Schepmans pour sa suppression...

Sur BHV, cela donne : "Nous demandons à nos homologues du Nord du pays de s'engager à trouver des solutions négociées [...] et à éviter toute prise de décision par des représentants d'une communauté excluant les représentants de l'autre." Là, c'est clair, on ne s'étripera pas entre francophones là-dessus.

Il n'y a pas que le linguistique, il y a aussi les transferts de compétences réclamés par la Flandre : "Nous allons poursuivre le concertation entre francophones pour préparer la définition de positions communes relatives aux débats communautaires."

Mais alors comment à la fois négocier dans le cadre de la formation d'un gouvernement (qu'on suppose toujours orange et bleu), tout en étant sur la même longueur d'onde entre francophones, majorité et opposition confondues ? Pour Mme Milquet, "l'évolution des choses va clairement dans un sens où ces questions seront discutées hors du cadre majorité-opposition. Nous, cela toujours été notre demande de discuter avec tous les partis démocratiques." M. Reynders : "Pour pouvoir trouver un accord, il faudra trouver une majorité des 2/3. Il faudra dépasser le cadre de toute négociation gouvernementale".

Last but not least : "la commission Wallonie-Bruxelles sera installée rapidement pour commencer ses travaux début décembre." Et Elio Di Rupo ajoute qu'une fois tous les experts désignés, il faudra qu'elle se réunisse à un rythme soutenu. A suivre...

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