Terrorisme : une confiance sous contrôle

Quel que soit le domaine, on a d'autant plus soif de confiance en les spécialistes que les choses sont complexes, incertaines ou troubles, tout simplement parce qu'il devient, dans ces conditions, vite impossible d'asseoir une certitude sur la situation. On s'en réfère alors à "ceux qui savent", que ce soit le médecin, l'ingénieur ou, en l'occurrence, l'enquêteur, le magistrat.

Quel que soit le domaine, on a d'autant plus soif de confiance en les spécialistes que les choses sont complexes, incertaines ou troubles, tout simplement parce qu'il devient, dans ces conditions, vite impossible d'asseoir une certitude sur la situation. On s'en réfère alors à "ceux qui savent", que ce soit le médecin, l'ingénieur ou, en l'occurrence, l'enquêteur, le magistrat.

Jusqu'ici et en matière de terrorisme, les événements, de l'affaire du GIA algérien au dossier de la kamikaze Muriel Degauque en passant par les arrestations de Farid Melouk et consorts, ont toujours donné raison aux enquêteurs et aux magistrats belges, depuis 12 ans. Bravo. Pour autant, l'affaire Dutroux a brisé l'habitude de faire confiance en aveugle. En l'absence d'avancée concrète et, par contre, en présence d'éléments de contradiction, le bien-fondé de l'alerte terroriste manque à cette aune de limpidité. Puisque, par exemple, une juge d'instruction a estimé que l'essentiel des découvertes policières de décembre ne suffisait pas à priver quiconque de liberté et que les perquisitions sont restées stériles. Même les mesures de sécurité, prises depuis un mois, sont discutées. Fermer un marché de Noël un peu plus tôt empêchait-il qu'une bombe explose elle aussi un peu plus tôt ? En poser une dans un tas de détritus à côté d'une poubelle fermée est-il moins aisé que la mettre dans une poubelle ouverte ?

Tous aimeraient être certains que les responsables ont agi au plus juste. Mais en même temps, des voix s'élèvent pour mettre leur action en doute. Ce qui, par anecdote, suffit à faire craindre qu'un syndrome de fausse alerte gagne la population. Il est si facile de ne plus croire un messager dont, une seule fois, le discours n'était pas fondé...

Conclusion ? Il n'y en a pas. Car on ne sait que penser de la situation. Un mois "après", on reste dans le flou de l'info et de la contre-info, où des élus évoquent leur perplexité sur les communiqués officiels, où même des policiers nous disent leur doute sur l'ampleur de la menace. Or s'il n'y a pas de conclusion à ce stade, c'est tout bénéfice pour le terrorisme. Car c'est précisément de ce genre de doute, qui laisse place à la frayeur, même larvée, qu'il tire sa force et par ce biais-là qu'il affecte la démocratie. Si on n'attend donc pas un bulletin qui dirait "oui" ou "non" à la menace terroriste - un tel simplisme n'est pas de mise en la matière -, on espère en revanche un contrôle parlementaire exemplaire de tout ce qui s'est dit et fait. Pour conserver la confiance, précisément.