Le péage routier par satellite s'invite à Bruxelles

Pour alimenter le débat sur l'instauration d'un système de péage (auto)routier en Belgique, les ministres bruxellois des Finances, Guy Vanhengel, et de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck, ont assisté mercredi matin à une démonstration, grandeur nature, du dispositif de taxation par kilomètre appliqué aux poids lourds en Allemagne.

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Le péage routier par satellite s'invite à Bruxelles
©Olivier Pirard

Pour alimenter le débat sur l'instauration d'un système de péage (auto)routier en Belgique, les ministres bruxellois des Finances, Guy Vanhengel, et de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck, ont assisté mercredi matin à une démonstration, grandeur nature, du dispositif de taxation par kilomètre appliqué aux poids lourds en Allemagne. Ils ont ainsi répondu à l'invitation de la société Satellic, filiale de la Deutsche Telekom, cheville ouvrière de ce système de péage faisant appel aux nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.

Au-delà de l'exemple allemand, Satellic a lancé des opérations pilotes en Slovaquie, en Hongrie, au Danemark, en Angleterre, en Alsace, mais aussi en Russie et en Chine. En Allemagne, ce sont pas moins de 600.000 camions de 12 tonnes et plus qui sont ainsi taxés au km d'autoroute parcouru, grâce au satellite et la technologie GSM et GPS.

Le système permet d'introduire de multiples variables dans le calcul: la distance parcourue, le moment de la journée, le type de motorisation ("propre" ou non), ... Cette dernière possibilité a séduit la ministre bruxelloise écologiste, mais aussi son collègue libéral des Finances.

Tous deux se sont cependant dit opposés à l'instauration d'un système qui servirait à remplir les caisses des pouvoirs publics de recettes fiscales supplémentaires en matière de mobilité. Il pourrait par contre remplacer utilement des taxes existantes comme la taxe de circulation, voire une partie des accises, a expliqué Guy Vanhengel.

Le parcours test de quelques kilomètres, effectué mercredi à Bruxelles, en présence des deux ministres, a permis d'entrevoir des possibilités d'avenir en matière de péage urbain par la technologie GSM et GPS. Celle-ci permet de faire varier le tarif en tenant compte des lieux de passage (grands axes, tunnels, autoroutes) et du moment de la journée, voire de la nuit.

Mais le ministre Open VLD a insisté sur son opposition nette à toute forme de péage routier dans les rues de Bruxelles. Les Pays-Bas ont affiché leur intention d'instaurer ce système de télépéage sur les autoroutes à partir de 2012 pour les poids lourds. Le ministre wallon des Transports, Michel Daerden, a jusqu'ici prôné l'instauration plus rapide d'un taxation du transport routier, via une vignette ou un autre procédé, pour pouvoir donner un coup d'accélérateur à la remise à niveau du réseau autoroutier wallon.

Le gouvernement flamand a pris contact avec les autorités néerlandaises. Il envisage de suivre leur voie pour taxer le trafic des poids lourds. "Cela me fait rire que les flamands disent qu'ils vont négocier avec les Pays-Bas et le Luxembourg. Il aurait plutôt fallu commencer avec les collègues des Régions wallonne et bruxelloise", a ironisé à ce sujet Guy Vanhengel.

Selon lui, le groupe de travail mis sur pied par les Régions pour plancher sur ce dossier s'oriente néanmoins vers une taxation sur base des caractéristiques des véhicules et des kilomètres parcourus. Il a constaté que le péage à la française n'était pas envisageable en Belgique en raison du très grand nombre d'entrées et de sorties du réseau autoroutier.

Les trois Régions ont par ailleurs convenu de prendre le pouls de la population, par le biais d'une vaste enquête, sur la perspective de remplacer l'arsenal fiscal actuellement basé sur la possession d'un véhicule par un autre basé sur son utilisation.