Des groupes surveillés et régulièrement condamnés

En 2004, paraissait un rapport de la police fédérale au sujet des bandes urbaines en Région bruxelloise. Il retenait 14 infractions caractéristiques de la délinquance de rue, parmi lesquelles les coups et blessures, les incendies, destructions et dégradations, les extorsions, la vente de stupéfiants et les viols en bande (6 tournantes en 2002, 4 en 2003).

J.-C.M.

En 2004, paraissait un rapport de la police fédérale au sujet des bandes urbaines en Région bruxelloise. Il retenait 14 infractions caractéristiques de la délinquance de rue, parmi lesquelles les coups et blessures, les incendies, destructions et dégradations, les extorsions, la vente de stupéfiants et les viols en bande (6 tournantes en 2002, 4 en 2003).

En 2002, le parquet de Bruxelles avait recensé quelque 1 403 voyous agissant en bande et 1 280 en 2003 (100 filles faisaient partie de ce total et 126 garçons avaient moins de 14 ans).

Au palmarès des communes les plus affectées, le rapport classait Bruxelles-Ville en tête devant Schaerbeek, Anderlecht, Molenbeek, Saint-Gilles, Forest, Saint-Josse, Ixelles, Etterbeek et Evere. La plupart des voyous venaient de Bruxelles-Ville (22,4 pc), Schaerbeek (12,1 pc), Molenbeek (12,7 pc) et Anderlecht (9,9 pc).

Si l'on se penche sur le critère de nationalité, la palme revenait aux Belges (de souche et allochtones, avec 61,5 pc). Loin derrière : les Marocains (14,1 pc), les Congolais (4,1 pc), les Algériens (3 pc), les Turcs (1,8) et les Polonais (1,2).

Les bandes délinquantes les plus connues étaient les MAF (mafia africaine), la bande du Jeu de Balle, celle du quartier Nord, les Black Wolves et la bande de la rue de la Querelle. Mais d'autres gangs ont, depuis, acquis une méchante réputation de violence, comme les Black Jacks ou les Black Demolition, dont les membres ont accumulé car-jackings, braquages, trafics de drogue et viols, parfois collectifs.

Ces bandes ont notamment colonisé le quartier Matonge à Ixelles et fait de la rue Neuve un terrain régulier d'affrontements.

Far West en plein centre-ville

De nombreux badauds se souviendront toute leur vie de celui qui s'est produit le 16 mai 2005 quand des membres des Black Demolition et des Black Wolves se sont tirés dessus à l'aide d'armes à feu, en pleine après-midi, blessant deux passants, un Grec de 22 ans et une touriste anglaise.

Ce jour-là, le centre commercial City 2 avait dû être fermé. L'un des protagonistes de cette bagarre spectaculaire a été condamné à cinq ans de prison.

Régulièrement, les tribunaux condamnent des jeunes délinquants appartenant à l'une ou l'autre de ces bandes pour des faits souvent très graves. Un exemple, parmi d'autres, la condamnation à 13 ans, en janvier 2005, de Fabrice Dimbala, 20 ans à l'époque, frère d'un footballeur professionnel mais surtout chef de la bande des Black Demolition.

Il avait été reconnu coupable de trois tentatives de meurtre, de deux viols collectifs, de vols avec violences et de coups et blessures. La victime du premier viol collectif n'était autre que... sa petite amie alors âgée de 18 ans. Le Congolais et cinq de ses "lieutenants" l'avaient conduite de force dans un appartement où elle fut frappée et violée.