170 sans-papiers font une grève de la faim

Quelque 170 sans-papiers, dont 20 femmes, de quarante nationalités, ont entamé jeudi une grève de la faim illimitée à l'église du Béguignage à Bruxelles. Ils réclament la régularisation de leur situation et la fin des arrestations et des expulsions des sans-papiers.

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Quelque 170 sans-papiers, dont 20 femmes, de quarante nationalités, ont entamé jeudi une grève de la faim illimitée à l'église du Béguignage à Bruxelles, a-t-on appris au cours d'un point presse à l'église. Ils réclament la régularisation de leur situation et la fin des arrestations et des expulsions des sans-papiers.

Un appel à rejoindre le mouvement de la grève de la faim a été lancé à différentes organisations de soutien aux sans-papiers à travers le pays. Un voisin de l'église du Béguignage va jeûner avec le groupe des sans-papiers en guise de solidarité. Les curés du Béguignage ont marqué jeudi leur désaccord vis-à-vis de l'action choisie par les occupants de l'église. Ils ont néanmoins précisé qu'ils comprenaient l'impatience des sans-papiers à obtenir des papiers.

Des grévistes de la faim ont expliqué qu'ils avaient opté pour cette action violente envers eux-mêmes car les autres tentatives visant à mettre la pression sur le gouvernement n'avaient pu aboutir.

"Nous n'avons pas voulu faire grève de la faim et porter atteinte à notre dignité. Mais nous avons mené d'autres actions depuis le début de notre occupation, le 17 mars, qui n'ont abouti à rien, au contraire même puisque des sans-papiers ont été arrêtés", a expliqué Elmira Mehanovic, l'une des porte-parole des grévistes de la faim. "Nous nous sommes réjouis de l'accord gouvernemental mais nous ignorons toujours quand il sera appliqué. La note de la ministre Tutertelboom va dans le sens d'un durcissement de la procédure d'asile et de l'immigration. Nous n'avons plus confiance dans les promesses du gouvernement face auquel nous nous sentons aujourd'hui impuissants", a déclaré Abdeslam El Yacoubi, un autre-parole.

Les grévistes de la faim ont expliqué qu'ils avaient mené durant plus de quatre ans des actions pacifistes, sans résultat. Suite à l'arrestation le 29 avril de manifestants sans-papiers devant l'Office des étrangers, les occupants de l'église estiment que leur seul moyen d'action, la manifestation, a été réprimé et qu'ils n'ont plus que pour seul recours la grève de la faim. "Pour des avocats, c'est désespérant de voir des personnes mener une grève de la faim, surtout qu'un accord gouvernemental existe mais il tarde à être mis en place. D'une part, nous tentons de convaincre les sans-papiers de renoncer aux grèves de la faim en raison de cet accord et d'autre part la ministre estime qu'il ne faut pas donner d'espoir", a réagi l'avocate Selma Benkhelifa, qui avait elle-même débuté fin mars 2007 une grève de la faim aux côtés des 16 ressortissants afghans. Elle a ajouté que la circulaire ministérielle, qui est attendue pour le 20 mai, pouvait être rédigée en une demi-journée par des juristes.

Le curé Jean-Mathieu Lochten a dit qu'il était opposé au processus de la grève de la faim mais que le gouvernement devait se rendre compte que derrière cette action se cache un mouvement nettement plus large de sans-papiers souffrant d'injustice en attente de réponses. "J'espère que cette action débouchera sur la reconnaissance des sans-papiers et de la richesse qu'ils apportent en Europe", a-t-il conclu.