Périphérie: les consultations ont démarré

Trois représentants du Conseil de l'Europe ont entamé mardi matin une série de consultations pour s'informer de la situation à la suite de la non-nomination des trois bourgmestres des communes à facilités de Linkebeek, Crainhem et de Wezembeek-Oppem par le ministre flamand des Affaires intérieures.

Belga
Périphérie: les consultations ont démarré
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Trois représentants du Conseil de l'Europe ont entamé mardi matin une série de consultations pour s'informer de la situation à la suite de la non-nomination des trois bourgmestres des communes à facilités de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem par le ministre flamand des Affaires intérieures.

Leur premier rendez-vous était fixé au cabinet du ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué qu'ils ont rencontré durant près de deux heures, aux côtés des ministres bruxellois flamand Guy Vanhengel (Open Vld) et francophone Benoît Cerexhe (cdH). Ceux-ci président les commissions communautaires flamande et française de Bruxelles.

A sa sortie du cabinet de Charles Picqué, la délégation du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, composée de Michel Guégan (chef de délégation - France), Dobrica Milovanovic (Serbie) et Anders Knape (Suède), vice-président du Congrès, s'est refusée à tout commentaire. Les ministres bruxellois francophones et flamands ont quant à eux souligné qu'ils étaient les seuls représentants des deux principales communautés du pays à rencontrer la délégation du Conseil de l'Europe ensemble.

Selon eux, cela s'est fait dans un "face à face amical" au cours duquel chacun à pu exprimer son point de vue. Le ministre-président Charles Picqué a affirmé qu'il serait "illusoire de croire que le problème de la nomination des bourgmestres de la périphérie peut-être désaccouplé des autres problèmes institutionnels". Guy Vanhengel a estimé qu'un bourgmestre ne pouvait être nommé lorsque son acte de candidature faisait l'objet d'un rapport négatif de la part du gouverneur de la province.

"A Bruxelles, nous avons toujours surmonté les moments de petite tension entre nous. Si nous étions responsables en périphérie, je suis presque sûr que nous aurions trouvé une solution", a-t-il ajouté. Benoît Cerexhe a souligné quant à lui que des bourgmestres élus démocratiquement devaient être élus. La délégation du Conseil de l'Europe s'est ensuite rendue chez le ministre fédéral de l'Intérieur, Patrick Dewael.

En fin d'après-midi, elle écoutera les trois bourgmestres privés de nomination. Auparavant, elle aura rencontré le ministre des Affaires intérieures flamandes Marino Keulen qui a refusé de nommer les trois bourgmestres parce qu'ils n'ont, selon lui, pas respecté la législation linguistique en envoyant des convocations électorales spontanément en français. Le ministre a souligné mardi qu'il n'avait pas de préjugé à l'égard des francophones. "Les trois bourgmestres concernés n'ont pas été nommés car ils ont pris l'option du conflit permanent. Ils disent qu'ils ne reconnaîtront jamais l'autorité flamande et l'un d'entre eux, M. Van Hoobrouck, évoque même 'un état de guerre'. J'ai toujours été fort patient, il a fallu longtemps avant que je dise que j'en avais ras-le-bol".

Marino Keulen a par ailleurs jugé que le dossier de la nomination des bourgmestres n'était pas politique mais juridique. "Un bourgmestre peut être à 1000% en désaccord avec moi, mais il doit appliquer les lois et les décrets sur son territoire. En outre, il exerce une partie des compétences de l'état telles que la sécurité et la police. C'est pour cela que l'autorité supérieure se prononce sur sa nomination", a-t-il encore dit.

Le ministre flamand s'est enfin interrogé sur l'opportunité du passage des délégués européens chez le ministre-président bruxellois Charles Picqué. "Nous avons pu obtenir que le ministre Guy Vanhengel puisse prendre part à l'entretien, a-t-il précisé.