Le chèque-bricolage opérationnel en Wallonie

On a d'abord parlé de chèque-bricolage. L'expression est trompeuse et réductrice. Mais elle est plus évocatrice qu'Idess, l'appellation officielle (pour : "Initiative de développement de l'emploi dans le secteur des services de proximité sociale" - ouf !). Ne serait-ce que pour se faire à l'intitulé, on comprend qu'une campagne officielle d'info sur le système débute ce lundi.

P.P.
Le chèque-bricolage opérationnel en Wallonie
©Maindiaux

On a d'abord parlé de chèque-bricolage. L'expression est trompeuse et réductrice. Mais elle est (au moins jusqu'ici) plus évocatrice qu'Idess, l'appellation officielle (pour : "Initiative de développement de l'emploi dans le secteur des services de proximité sociale" - ouf !). Ne serait-ce que pour se faire à l'intitulé, on comprend qu'une campagne officielle d'info sur le système débute ce lundi (télés, affiches, brochures).

1 Le principe. Annoncée dès 2005, l'Idess (un soutien régional à hauteur de 8 millions/an) a tardé avant d'être opérationnelle. C'est que l'on a voulu éviter : d'une part, une concurrence publique déloyale avec le secteur privé; d'autre part, toute intrusion dans le champ (en partie ressemblant) des titres-services.

Or, ce n'est pas comparable. Le titre-service, fédéral, vaut pour toute la Belgique; l'Idess est propre à la Région wallonne. Le titre-service entraîne une déduction fiscale, qui n'est pas étrangère à son succès tentaculaire; pas l'Idess. Le titre-service est un chèque délivré par le bénéficiaire de la prestation; l'Idess est un système de facturation auprès d'entreprises agréées (CPAS, ASBL, sociétés à finalité sociale). Le titre-service est basé sur une activité récurrente, débitée en heures; l'Idess rencontre des besoins ponctuels et limités.

Soit dit en passant, si les titres-services devaient s'élargir au bricolage et au jardinage, comme il en est régulièrement question, ça ne manquerait pas de se télescoper avec la wallonne Idess... Mais n'anticipons pas.

2 Le système. On vise des petits travaux, dits de trop faible importance pour intéresser a priori des professionnels :

- En bricolage, des travaux d'entretien, de réparation, d'aménagement de l'habitat. Exemples : déboucher un évier, ou réparer un robinet qui fuit (un exemple trop constamment cité par le ministre porteur de l'Idess, Jean-Claude Marcourt, pour ne pas traduire des souvenirs personnels éprouvants...);

- En jardinage, l'aménagement d'espaces verts et des travaux comme la tonte de la pelouse, la taille des haies, le désherbage d'abords, le bêchage des potagers, le ramassage et l'évacuation des feuilles et déchets.

S'ajoute une troisième catégorie : transport ou taxi social, buanderie (service de lessives) sociale, magasins sociaux (vendant des produits d'alimentation ou de première nécessité à prix inférieurs), nettoyage de locaux de petites ASBL.

3 Les conditions. Cette troisième catégorie est réservée aux personnes physiques à faibles revenus (un imposable inférieur à 19936 euros, taux isolé).

Les services bricolage et jardinage se proposent à tous, aux conditions tarifaires fixes de 12,10 euros de l'heure, avec un maximum de 10 interventions pas an espacées d'une semaine au moins. Pour le bricolage, l'intervention ne peut pas dépasser 4 heures de travail. Pour le jardinage, les limites fixées sont de 300 m2 maximum pour la tonte, de 75 m2 maximum pour le désherbage, de 150 m2 maximum pour le bêchage, etc.


Pour plus de renseignements, dont la cinquantaine (à ce jour) de structures agréées, numéro vert de la Région wallonne (0800.11.901)