Kleine Brogel, un gruyère nucléaire ?

C'était et ça reste absolument "top secret" mais il y a de moins en moins de doutes sur le fait que la base aérienne de Kleine Brogel abrite de dix à vingt têtes nucléaires.

Kleine Brogel, un gruyère nucléaire ?
©BELGA
Christian Laporte

C'était et ça reste absolument "top secret" mais il y a de moins en moins de doutes sur le fait que la base aérienne de Kleine Brogel abrite de dix à vingt têtes nucléaires. Lors de son entrée en fonction, le ministre De Crem avait reconnu implicitement la présence de têtes nucléaires alors que son devoir de réserve imposait un mutisme absolu. Le "hic" est que contrairement à ce que l'on pensait encore hier - voir LLB de vendredi - l'endroit n'est pas sécurisé selon les normes du Pentagone. Pourtant selon un rapport de la Federation of American Scientists (FAS) basé sur un audit interne de l'US Air Force, les craintes exprimées pour certains sites dont celui installé au nord du Limbourg ne semblaient pas fondées. Voilà que des indices tendent à faire croire le contraire.

Selon Hans Kristensen (FAS), Kleine Brogel ferait partie des bases dont il s'impose de renforcer la sécurité sur le plan matériel. Car les installations sont vétustes et en outre le personnel ne serait plus qualifié. "De Morgen" qui rapportait l'information vendredi ajoutait que l'on ne pouvait expliquer autrement la présence sur place le 11 juin dernier du général Roger O.Brady, le commandant suprême de l'US Air Force en Europe. Les autorités militaires américaines seraient ainsi sceptiques à propos de la surveillance des bases depuis les attentats du 11 septembre.

Du côté des officiels belges, les responsables de la Défense sont visiblement ennuyés par ces bruits alarmistes. La porte-parole de l'armée, Ingrid Baeck fut particulièrement laconique : "nous prenons acte qu'un tel rapport existe"... Au cabinet de Pieter De Crem, on n'était guère plus loquace : "l'Etat-major a reçu pour mission de prendre connaissance du rapport et de l'analyser". Quand connaîtra-t-on ses conclusions ? Mystère... L'on nous dit qu'il n'y aurait pas de réponse avant une salve très attendue de questions parlementaires !

Le bourgmestre est confiant

Sur place à Kleine Brogel, pas de commentaire non plus des responsables de la base. Seul le bourgmestre de Peer (sur le territoire duquel elle se trouve), le CD&V Theo Kelchtermans, a estimé devoir désamorcer la bombe en précisant que ni lui, ni les syndicats militaires n'avaient jamais reçu d'informations inquiétantes concernant la sécurité de la base. Et l'ancien ministre régional flamand d'asseoir son assertion en signalant qu'"une inspection approfondie avait encore été menée récemment et qu'elle n'avait pas donné lieu à une mise en garde". Pour M. Kelchtermans tout va donc pour le mieux dans la meilleure des communes, la sienne... Le tout est de savoir si l'édile CD&V ne prend pas ses rêves pour des réalités. Le rapport évoque la possibilité de fermer purement et simplement certaines bases en Europe. Et ce serait négatif pour l'économie locale de Peer...