De la caféine qui pourrait faire penser à de la cocaïne

Poudre blanche, vendue en dose, comme une certaine substance illicite, ça a la couleur et l'aspect de la cocaïne. Comme cette drogue, cela stimule le système nerveux central, mais ce n'est pourtant pas de la coke. Le "Blow", puisque c'est son nom - qui signifie "sniffer" en argot US -, ne se sniffe justement pas. Il se dilue tout simplement dans de l'eau et devient une boisson énergisante.

Laurence Dardenne
De la caféine qui pourrait faire penser à de la cocaïne
©D.R.

Poudre blanche, vendue en dose, comme une certaine substance illicite, ça a la couleur et l'aspect de la cocaïne. Comme cette drogue, cela stimule le système nerveux central, mais ce n'est pourtant pas de la coke. Le "Blow", puisque c'est son nom - qui signifie "sniffer" en argot US -, ne se sniffe justement pas. Il se dilue tout simplement dans de l'eau et devient une boisson énergisante.

Présenté comme un produit à sniffer, le kit se compose de doses de poudre, d'un miroir et d'une fausse carte de crédit par analogie au matériel utilisé par les consommateurs de cocaïne lorsqu'ils créent leur ligne. Apparue outre Atlantique l'été dernier, la boisson énergisante aurait débarqué dans certains clubs, night shops et discothèques de Belgique.

On écrit bien "aurait", car si l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a effectivement diffusé un avis de mise en garde il y a peu, à ce jour, elle n'a pas encore pu confirmer la présence de "Blow" en Belgique, nous a assuré, jeudi, son porte-parole, Pierre Cassart.

Il n'empêche, parce qu'une seule dose de "Blow" contient plus de caféine que ne peut en contenir un litre de boisson selon la législation belge - avec les dangers notamment pour la santé cardio-vasculaire que représente une ingestion exagérée de caféine -, ce produit demeure interdit dans notre pays. "Il relève de la législation sur les denrées alimentaires enrichies, précise l'Afsca, et avant qu'il puisse se trouver sur le marché belge il doit faire l'objet d'une notification auprès du SPF Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement. Cela n'a pas encore été fait, ce qui implique que si ce produit est effectivement commercialisé dans notre pays, il l'est illégalement ."

L'AFSCA veille

"Il semble que l'on puisse se le procurer via trois canaux, nous précise encore Pierre Cassart, en l'occurrence (NdlR : au prix d'environ 6,30 € pour deux doses de 5,75 g) via Internet, où l'Afsca n'a aucun pouvoir d'intervention, via les Pays-Bas et certains dancings. S'il nous est évidemment impossible de contrôler tous ces endroits, le "Blow" fait à présent partie de notre plan de contrôle et si nos contrôleurs en trouvent, les produits seront saisis et un P.V. sera dressé." Aussi l'Afsca invite-t-elle les commerçants belges qui proposent ce produit à les retirer de la vente et à en faire notification à l'unité provinciale de contrôle de l'Agence alimentaire de la province où ils sont établis.

Interpellée jeudi à la Chambre par la députée fédérale Marie-Martine Schyns (CDH), Sabine Laruelle (MR), ministre en charge de la Protection des consommateurs, a fait savoir qu'elle compte demander à l'Afsca de mener une enquête sur la présence éventuelle de ces boissons chez nous et, le cas échéant, de prendre les mesures qui s'imposeront pour en interdire la vente.