Bart De Wever : "Je n'ai jamais cru à une scission du cartel"

Le président de la N-VA, Bart De Wever, dément avoir exercé un chantage ou une pression sur le CD&V d'Yves Leterme.

martin buxant

entretien

La N-VA a-t-elle exercé un chantage sur le CD&V, en refusant les propositions de Leterme ?

Je peux imaginer que, dans cette journée chaotique de lundi, certaines personnes veulent faire croire que la N-VA a immédiatement dit "non". Mais ce n'est pas la vérité : les deux partis ont fait un processus de décision parallèle mais séparément. Sans contact. Le CD&V a pris sa décision seul. Pour les francophones, c'est pratique de faire de la N-VA un bou -émissaire. En Flandre aussi certains, comme Groen ! ou le VLD, avec des discours né-belgicains, veulent nous rendre responsables de tous les échecs...

La N-VA n'est donc pas responsable de cet échec ?

Non ! Nous n'avons que six députés, nous n'avons pas le pouvoir d'empêcher quoi que ce soit.

Quel est le point que la N-VA trouvait imbuvable dans les propositions sur la table ?

Mais il n'y avait rien comme résultat de négociation. Transferts de compétences : anecdotiques. Loi de financement : juste pour transférer de l'argent. BHV : on n'était nulle part ! On a demandé un plan B, un dialogue sérieux et crédible de Communauté à Communauté. Cette proposition a été détruite par les partis francophones qui l'ont ridiculisée en triomphant. Ils n'ont fait aucun effort pour cacher que c'était pour eux un grand frigo afin de ne rien régler jusqu'en 2009. Ils portent une lourde responsabilité dans cet échec.

Le cartel sort-il renforcé de cette crise ?

Certains partis sont obsédés par la scission du cartel. C'était d'ailleurs l'unique but de certains partis durant les négociations. Ils se trompent ! Nous avons écrit notre programme ensemble. On a toujours été ensemble, épaule contre épaule. Nous avons connu des moments difficiles et des tensions : c'est normal quand on aborde des points difficiles. Mais jamais je n'ai pensé qu'on allait scinder le cartel entre le CD&V et la N-VA. Croyez-moi : ça n'arrivera pas !

Le CD&V appelle les francophones, et notamment Didier Reynders, à prendre la main. Qu'en pense la N-VA ?

Ce n'est pas à moi de juger cela. Pour nous, c'est le contenu qui prime. Nous sommes prêts à regarder chaque proposition qui vient sur la table. Nous n'avons jamais voulu cette crise, on n'est pas un parti révolutionnaire. Nous voulons des réformes et un accord qui satisfait chacun. Si le fait qu'un francophone prenne la main peut y aider, nous sommes prêts à considérer cette proposition.