Leterme Ier en suspens, les partis consultés

Le roi Albert II poursuit ses consultations au Château de Laeken après la décision du premier ministre Yves Leterme de remettre la démission du gouvernement lundi soir. Le chef de l'Etat tient toujours cette décision en suspens. Edito: Donner du temps au temps Le Roi cherche à sortir de la crise "Pourquoi changer de Premier" On n'échappe pas au cartel Le monde entier nous regarde Vers notre dossier spécial Forum: Réagissez à la démission d'Yves Leterme

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Leterme Ier en suspens, les partis consultés
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Le roi Albert II poursuit ses consultations au Château de Laeken après la décision du premier ministre Yves Leterme de remettre la démission du gouvernement lundi soir. Le chef de l'Etat tient toujours cette décision en suspens. Si l'on en croit l'analyse politique faite au sein de différents partis, la confirmation sous conditions d'Yves Leterme comme premier ministre pourrait être l'option.

Après avoir reçu lundi et mardi les présidents d'assemblée, les ministres des Réformes institutionnelles et les ministres-présidents, Albert II s'est entretenu mercredi matin avec la présidente du CD&V, Marianne Thyssen. "Yves Leterme est notre leader, il a travaillé sans ménagement", a indiqué Mme Thyssen à la sortie du Château. "Nous sommes à la recherche d'une formule pouvant nous assurer qu'une politique socio-économique pourra être réalisée mais également que nous bénéficierons d'une grande réforme de l'Etat", a-t-elle précisé.

Le président du PS, Elio Di Rupo, a ensuite été reçu en audience, précédant Joëlle Milquet, présidente du cdH. Le roi rencontre successivement mercredi après-midi le président de l'Open Vld, Bart Somers, les co-présidents d'Ecolo, Isabelle Durant et Jean-Michel Javaux, la présidente de Groen! , Mieke Vogels et la présidente du sp.a, Caroline Gennez. Jean-Marie Dedecker fermera la marche au nom de sa formation LDD. Le président du MR, Didier Reynders, ministre des Réformes institutionnelles, a déjà été reçu mardi à l'aube. Il s'est exprimé au nom du Mouvement réformateur. Le FDF n'est donc pas reçu en audience. La N-VA est représentée par son partenaire de cartel. La tradition veut que le VB, parti d'extrême droite, ne soit pas reçu.

Après la démission du gouvernement présentée lundi soir par Yves Leterme, le CD&V avait laissé entendre que le temps était venu pour les Francophones d'assumer des responsabilités. Mardi, on évoquait le nom du président du MR, Didier Reynders, comme possible premier ministre. Ce dernier a balayé cette hypothèse du revers de la main, estimant qu'il convenait de redémarrer avec le gouvernement tel qu'il est, fort de ses acquis socio-économiques. M. Reynders a aussi appelé à un dialogue de Communauté à Communauté en vue d'une grande réforme de l'état équilibrée.

L'ensemble des partis francophones qui s'est concerté mardi a tenu le même langage, soulignant que la balle était dans le camp du CD&V. Le chef de groupe CD&V/N-VA à la Chambre, Servais Verherstraeten, a indiqué mardi soir à la VRT que le cartel flamand était prêt à poursuivre la politique menée jusqu'à présent par le gouvernement Leterme Ier mais seulement à la condition qu'une avancée communautaire soit enregistrée. Yves Leterme pourrait à ces conditions être maintenu comme premier ministre, précisait-il.

Dans les rangs flamands, on indique que la crise provoquée par la démission de M. Leterme trouve son origine dans le fait que le CD&V/N-VA avait exigé un dialogue de Communauté à Communauté mené par les ministres-présidents Kris Peeters et Rudy Demotte, ce qui aurait préfiguré la voie confédérale à suivre. Les Francophones se sont accordés pour être représentés à ce dialogue par le président du MR Didier Reynders, vice-premier ministre fédéral. Du côté francophone, on rappelle que le MR est la première formation politique depuis juin 2007. Par ailleurs, il importe aussi de ne pas nier l'existence de la Région bruxelloise représentée par son ministre-président Charles Picqué.

Sur La Première (RTBF), Servais Verherstraeten a redit sa préférence à un dialogue de Communauté à Communauté présidé par Kris Peeters et Rudy Demotte, estimant que Bruxelles-Capitale n'était pas une Région comme les autres. M. Verherstraeten a rappelé l'option confédérale défendue par le cartel. Le chef de groupe CD&V/N-VA a cependant dit avoir entendu avec satisfaction que les Francophones étaient désormais demandeurs d'une grande réforme de l'Etat.

Au-delà de mercredi après-midi, le roi poursuivra ses consultations jeudi. Il recevra les syndicats. Les présidents de la CSC, Luc Cortebeeck, de la FGTB, Rudy De Leeuw, et de la CGSLB, Jan Vercamst, se rendront au Château de Laeken, a-t-on appris auprès des diverses organisations.