Louis Michel : pour une vraie réforme

Pour le commissaire européen libéral, l'heure est venue d'accepter le principe d'une grande réforme de l'Etat. Pourquoi avoir peur de nouvelles responsabilités ? Il faut arrêter de se faire peur avec des tabous, dit-il.

francis van de woestyne
Louis Michel : pour une vraie réforme
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entretien

Après la démission d'Yves Leterme, les libéraux francophones redisent avec plus de force qu'ils sont favorables à une réforme de l'Etat. Pour permettre à Didier Reynders de succéder à Yves Leterme ? Nous avons posé la question à Louis Michel, actuel commissaire européen, ancien président du MR.

Les Flamands estiment que ce sont les francophones qui sont responsables de la crise et de la démission d'Yves Leterme parce qu'ils refusent systématiquement toute réforme de l'Etat...

Mais rien n'est plus faux. Nous, libéraux, le disons depuis longtemps. Il faut une réforme de l'Etat. Pas un lifting, pas une simple réforme faciale, pas un simple maquillage à la commissure des lèvres, non. Il faut une vraie réforme de l'Etat. On est à l'heure de vérité. Il est temps que les francophones se regardent dans un miroir. Les francophones ne peuvent plus échapper à leur propre réalité. On ne stabilisera pas le pays tant qu'on refuse de voir la réalité en face.

Quelle est-elle ?

On a besoin d'une réforme de l'Etat pour stabiliser le pays. Il faut accepter le principe d'une réforme de l'Etat pour autant que l'on respecte les principes de subsidiarité, de cohérence, d'équilibre et d'efficacité. Il faut sortir de cette peur permanente, arrêter de se faire peur avec des tabous alors qu'il n'y a rien d'inquiétant à négocier une réforme de l'Etat. Prenez la matière de la justice par exemple : dans plusieurs Etats fédéraux, une partie de la justice est fédéralisée et cela ne pose aucun problème. Pourquoi avoir peur de donner de nouvelles responsabilités aux entités fédérées ?

Comment réglez-vous le problème de BHV ?

Il faut des concessions de part et d'autre, il faut écorner les symboles.

Le CD&V estime que le système fédéral a démontré ses limites et qu'il faut maintenant imaginer autre chose ?

Il faut veiller à ce que les fonctions de l'Etat de l'Etat fédéral demeurent opérationnelles. Il faut donc conserver à l'Etat fédéral les moyens d'assurer les fonctions d'un Etat fédéral.

C'est l'heure de Didier Reynders ?

Il a déjà démontré sa capacité à aborder les problèmes de toute nature et il est capable de définir de manière très précise le cadre dans lequel on pouvait travailler.