"Pourquoi changer de Premier ?"

Mardi, 15 h 20, cabinet des Finances. Réunion francophone au sommet. Face au Théâtre royal du Parc, c'est tout sauf une comédie qui se joue. Les choses ne traîneront pas. Une heure et demie plus tard, sur les pavés devant le 12, rue de la Loi, les francophones disent ne pas vouloir répondre favorablement à l'appel du cartel CD&V/N-VA. Yves Leterme reste Premier ministre, rappellent-ils.

Mardi, 15 h 20, cabinet des Finances. Réunion francophone au sommet. Face au Théâtre royal du Parc, c'est tout sauf une comédie qui se joue. Les choses ne traîneront pas. Une heure et demie plus tard, sur les pavés devant le 12, rue de la Loi, les francophones disent ne pas vouloir répondre favorablement à l'appel du cartel CD&V/N-VA. Yves Leterme reste Premier ministre, rappellent-ils.

"L'heure est venue de faire redémarrer le gouvernement et de reprendre le chemin de la discussion communautaire en entamant un dialogue de Communauté à Communauté", lance le président du MR, Didier Reynders. Le gouvernement actuel, dont le Premier ministre est Yves Leterme, a élaboré un programme socio-économique qu'il importe maintenant de mettre en oeuvre, dit-il. Didier Reynders, dont le nom est avancé en coulisses par le CD&V pour succéder à Yves Leterme, ne voit pas la raison de changer de Premier. "C'est avec lui qu'on a mis au point un programme socio-économique. Pourquoi changer ? L'ouvrage a été réalisé, mettons-le en oeuvre", insiste-t-il.

"L'initiative doit venir du CD&V", approuve le président du PS, Elio Di Rupo, rappelant que les partis francophones étaient prêts à trouver une solution aux problèmes communautaires. "Si les discussions prennent du temps, il ne faut pas en déduire que les francophones ne veulent pas d'une réforme de l'Etat. Nous sommes prêts à trouver une solution mais chacun doit faire un pas vers l'autre. Il faut aussi que du côté néerlandophone, on vienne nous dire que l'on est prêt à discuter. Reconnaissons que cette crise n'a rien à voir avec l'attitude des partis francophones", confie M. Di Rupo.

Le prix du baril

Les francophones n'excluent toutefois pas l'idée de voir Didier Reynders devenir Premier ministre. "Le PS soutiendra toute personne capable de reprendre en main le gouvernement, à condition que les francophones ne paient pas le prix fort." Et si c'était Didier Reynders, les socialistes le soutiendraient-ils ? "Oui, bien sûr", assure Elio Di Rupo.

La présidente du CDH, Joëlle Milquet, énonce les mêmes conditions même si, à ses yeux, la question ne se pose pas aujourd'hui. L'enjeu auquel il faut répondre en premier est celui de la crise économique, auquel doivent faire face les citoyens. "Le fait de savoir si Didier Reynders ou Yves Leterme sera Premier ministre ne changera pas le prix du baril de pétrole", renchérit la coprésidente d'Ecolo, Isabelle Durant, qui admet que les choses devront encore bouger du côté communautaire, "si on veut éviter une Belgique qui se fait hara-kiri".

L. G. (avec Belga)