L'élargissement du Ring, un "projet à jeter"?

Le plan d'élargissement du Ring, de 6 à 12 bandes de circulation au nord de Bruxelles résulte d'un projet à très courte vue. Avec le budget que le gouvernement flamand se prépare à y injecter, il serait tout à fait possible de concrétiser un panel de mesures favorisant la mobilité durable, a affirmé mardi la plate-forme "Modal shift".

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L'élargissement du Ring, un "projet à jeter"?
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Le plan d'élargissement du Ring, de 6 à 12 bandes de circulation au nord de Bruxelles résulte d'un projet à très courte vue. Avec le budget que le gouvernement flamand se prépare à y injecter, il serait tout à fait possible de concrétiser un panel de mesures favorisant la mobilité durable, a affirmé mardi la plate-forme "Modal shift". Celle-ci regroupe notamment les associations francophones Inter Environnement Wallonie, et Bruxelles, le Gracq (Groupe de Recherche et d'Action des Cyclistes Quotidiens), mais aussi Greenpeace, Friends of the Earth Belgique, le Bond Beter Leefmilieu, et le Fietsersbond.

L'institut flamand de l'environnement "Milieu Effect Rapportage" (MER) a mis à l'enquête publique depuis le 7 juillet dernier et jusqu'au 18 août prochain le rapport d'incidence de ce vaste projet. En cette période de vacances, le risque est grand de voir ce dossier passer inaperçu, ont déploré les associations. Selon Modal shift, la solution présentée par le gouvernement flamand consiste à élargir le Ring de deux fois 3 bandes à deux fois 4 + 2 bandes. Au lieu des 6 bandes actuelles, il y aurait donc 12 bandes pour séparer la circulation locale de la circulation de transit.

L'élargissement planifié du Ring concerne la zone nord entre les autoroutes E40 Gand-Bruxelles et E-40 Bruxelles-Liège. La première branche se situe entre la E40 Gand-Bruxelles et l'autoroute A12 (Bruxelles-Anvers). Dans cette zone, les demandeurs envisagent un élargissement de 10 à 12 bandes. La deuxième branche prend place entre l'A12 et l'E19 avec un élargissement à 10 bandes. La troisième branche est située entre l'E19 et l'E40 Bruxelles-Liège (de 10 à 12 bandes).

D'après les associations, le demandeur a morcelé volontairement cette zone en trois branches dont chacune doit séparément être soumise à une procédure d'étude d'incidence. On n'y aborde à aucun moment l'impact en termes d'émissions de particules fines et de CO2.

Le projet s'inscrit dans une logique de soutien au plan d'action stratégique pour la reconversion et l'emploi dans la zone de l'aéroport de Zaventem. L'objectif est de résoudre la saturation à court terme, et de garantir l'accessibilité de l'aéroport et des zones industrielles de Vilvorde et Malines.

Pour les associations, il y a bien mieux à faire avec la somme proche du milliard d'euros que les pouvoirs publics se préparent à investir dans ce projet à très courte vue: soutenir la mobilité durable, notamment en développant des transports en commun réguliers et fiables, en augmentant les infrastructures pour les piétons et les cyclistes, et en améliorant l'inter-modalité entre ces modes de transport et la voiture.

Il y également lieu, ont-elles préconisé, de développer des avantages fiscaux pour limiter les déplacements notamment motorisés, d'adopter une politique d'aménagement du territoire centrées sur l'accessibilité, et la densité des fonctions, ou encore d'instaurer un péage dans les zones congestionnées et une taxe kilométrique intelligente.

La plate-forme a enfin vivement déploré la "pression énorme que ce type de projet fait peser sur la biodiversité", citant en exemple, l'atteinte que ne manquera pas de porter la première branche du projet (entre la E-40 et la A12), au Bois du Laerbeek situé en zone Natura 2000.