Wathelet: "Ces 400 millions sont nécessaires!"

Au mois de juin, après le contrôle budgétaire, le budget 2008 semblait nickel. Aujourd'hui, les choses semblent aller plus mal. Le point avec le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet. Il rappelle le gouvernement flamand à l'ordre et lui demande de payer son dû au Fédéral.

Wathelet: "Ces 400 millions sont nécessaires!"
©TANGUY JOCKMANS
Francis van de Woestyne et Martin Buxant

Au mois de juin, après le contrôle budgétaire, le budget 2008 semblait nickel. Aujourd'hui, les choses semblent aller plus mal. Le point avec le secrétaire d'Etat au Budget, Melchior Wathelet.

Le budget 2008 sera-t-il en équilibre, malgré les mauvaises nouvelles ? La Flandre ne veut pas payer les 400 millions promis, Electrabel rechigne à verser 250 millions annoncés et la crise est là...

Il ne faut pas exagérer la crise actuelle. En juillet, on se demandait si le baril de pétrole atteindrait les 200 dollars. Là on est en dessous des 100 dollars. L'inflation est redescendue. Au sein de la zone euro, la Belgique résiste plutôt mieux que les autres pays.

Parviendra-t-on, malgré tout, à maintenir l'équilibre budgétaire ?

C'est toujours l'objectif. On exécute les décisions de juillet. La contribution énergétique de 250 millions est due. Il s'agit d'une contribution volontaire mais elle devra être payée car elle est juste.

Les 400 millions de la Flandre ?

J'ai été terriblement surpris en entendant les déclarations du ministre flamand du Budget. Il annonce qu'il dépensera ces 400 millions parce qu'il n'y a pas d'avancée sur le terrain communautaire. Il s'est peut-être un peu trompé. Je comprendrais mal qu'un gouvernement accepte une note de travail présentée par le chef de son gouvernement et n'assume pas, ensuite, la conséquence de cette note : la relance du dialogue et la contribution du gouvernement flamand au budget fédéral conformément à leur accord initial. Si une entité ne tient pas ses engagements, on ne cherchera pas à compenser ce non-payement. Elle devra assumer ce déficit.

Avec les 400 millions de la Flandre et les 250 millions, est-on à l'équilibre ou demeure-t-il un trou ?

Il est vrai qu'au niveau des recettes fiscales, il faudra être sûr que l'on atteigne bien les prévisions. Certaines recettes vont mieux, d'autres moins bien. Les dépenses primaires, elles, sont conformes aux prévisions : les administrations ont fait les efforts nécessaires. De plus, on a récupéré les reports de crédits des années précédentes pour 350 millions.

Pour 2009, quel est l'objectif ?

L'objectif est d'atteindre un surplus de 0,3 pc du Produit intérieur brut. Ce ne sera pas facile.

La ligne reste la même : pas d'opération "one shot" ?

Quand je vois ce que ces opérations "one shot" coûtent dans le budget 2008, il est tout à fait normal qu'on ne les reproduise pas. Les loyers de nouveaux bâtiments nous coûtent 200 millions en 2008; les pensions, plus de 200 millions également; la titrisation des créances, 160 millions supplémentaires. Cela permettait de présenter de très beaux équilibres ou de très beaux surplus. Mais cela a engendré de terribles charges pour le futur. Imagine-t-on que quelqu'un vende sa maison et paye ensuite un loyer pour rester dans la même maison ? Surtout que ce loyer est plus cher que le produit de la vente ! Connaissez-vous un père de famille qui ferait cela ?

Le ministre des Finances ne plaide plus pour ces opérations ?

Je n'ai pas eu de propositions de sa part allant dans ce sens.

Avez-vous dû dire "non" à certains de vos collègues ?

Evidemment. Pour le contrôle budgétaire 2008, on a dû trouver 300 millions. Les collègues sont venus avec des propositions de dépenses supplémentaires, j'ai dû souvent dire non. Marie Arena et Laurette Onkelinx ont vu certaines de leurs propositions recalées. Par exemple en matière de remboursement de certains médicaments par l'Inami.

Et au département de votre présidente de parti ?

Aussi ! Elle a fait des propositions en terme de personnel et d'informatisation de ses services que nous avons refusées.

Est-ce que le cumul des mandats de Joëlle Milquet renforce le CDH pour la campagne électorale ?

On a pris une décision unanime au sein du parti et, vu la situation actuelle, nous pensons tous qu'il est logique de permettre à Joëlle Milquet d'être présidente de parti et ministre jusqu'à l'été 2009.

Mais le dialogue communautaire reprend...

Tant mieux, ça facilitera la tâche de Joëlle Milquet...

Qui seront vos plus féroces adversaires dans cette campagne électorale ?

Ils se sont déclarés : les libéraux. Ils ne font que critiquer le CDH. En même temps, ils ont choisi leur allié : le PS.

Et ces critiques sont injustifiées ?

Elles sont caricaturales. Je ne comprends pas quand les libéraux disent que depuis qu'ils ont quitté les majorités régionales, tout va mal. Tous les chiffres démontrent le contraire : ce sont des attaques vexatoires. Pourtant, loin de moi l'idée de dire qu'en Régions wallonne et bruxelloise, tout va bien, ce serait fou. Mais de dire que tout va mal, c'est contre la vérité.

Diriez-vous comme André Antoine : Didier Reynders est "un traître à la cause francophone" ?

Didier Reynders n'aide pas la cause francophone, c'est clair. S'il a des critiques à émettre, autant que ça se passe au moment de la campagne électorale quand tout le monde viendra avec ses bilans.