Geert Bourgeois démissionne et annonce la fin du cartel

Le ministre flamand des Affaires administratives, de la politique internationale, des Médias et du Tourisme, a démissionné lundi de ses fonctions au sein du gouvernement flamand. Selon Geert Bourgeois, le lancement du dialogue institutionnel est assorti de garanties insuffisantes. M. Bourgeois s'est dit déçu par l'attitude du CD&V. Le gouvernement flamand dit oui au dialogue communautaireUne crise à tous les niveaux de pouvoirEyskens: "Il est temps d'être responsable"La N-VA pas impressionnée par la déclaration de LetermePeeters dit avoir des garanties sur l'institutionnelLe départ bien orchestré de la N-VADe Wever: "La patience a des limites"Edito: Cruel dilemme pour le CD&V

Geert Bourgeois démissionne et annonce la fin du cartel
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Le ministre flamand des Affaires administratives, de la politique internationale, des Médias et du Tourisme, a démissionné lundi de ses fonctions au sein du gouvernement flamand. Selon Geert Bourgeois, le lancement du dialogue institutionnel est assorti de garanties insuffisantes. M. Bourgeois s'est dit déçu par l'attitude du CD&V. Selon lui, le cartel que les nationalistes flamands forment avec les chrétiens-démocrates a vécu.

L'ultime proposition faite par le ministre-président flamand Kris Peeters n'a, pas plus que les autres, convaincu la N-VA. Le Conseil de parti a jugé lundi qu'il y avait trop peu de garanties sur la table permettant le lancement d'un dialogue crédible de communauté à communauté.

Selon Geert Bourgeois, c'est à une "comédie" qu'on a assisté ces dernières heures. Il ajoute que son parti est le seul à être resté conséquent. La figure de proue de la N-VA s'est dit déçue par l'attitude du CD&V, partenaire de cartel, qui a donné lundi matin le feu vert au lancement du dialogue communautaire.

La décision de Geert Bourgeois semble entraîner la fin du cartel CD&V N-VA. "Il me paraît logique que, si vous ne soutenez plus le gouvernement fédéral dirigé par votre partenaire de cartel, et si vous ne faites plus partie du gouvernement flamand dans lequel votre partenaire reste présent, le cartel a cessé d'exister", a commenté Geert Bourgeois.

Le ministre démissionnaire a regretté la disparition de l'alliance avec le CD&V. "Je suis avec Yves Leterme le père du cartel flamand, que nous avons mis sur pied en vue de réaliser une grande réforme de l'Etat. Force est de constater que nous sommes toujours occupés à trépigner après des mois de tergiversation et qu'il n'y aura pas de résultat pour le 7 juin 2009", a indiqué Geert Bourgeois.

L'ex-ministre a notamment mis l'échec du cartel sur le dos de l'aile progressiste ACW (équivalent flamand du MOC) des chrétiens-démocrates flamands, coupable à ses yeux de n'avoir pas marqué suffisamment de soutien au projet.

"Nous avons cependant réussi à secouer l'inamovible édifice belge, en usant du cartel comme d'un levier. Mais le levier a manqué son objectif, celui de marquer un pas important vers le résultat final", a encore indiqué Geert Bourgeois, manifestement déçu.

Ce dernier est par ailleurs d'avis "qu'il ne peut absolument pas être possible" de voir le premier ministre Yves Leterme continuer, au fédéral, à diriger une coalition au sein de laquelle la Flandre sera minorisée. "Si le CD&V reste conséquent avec lui-même, il en tirera les mêmes conclusions. Un gouvernement qui ne bénéficierait pas du soutien d'une majorité d'élus du côté flamand, cela ne s'est encore jamais produit", a-t-il précisé.

Ces dernières heures, différents scénarios ont circulé dont un selon lequel la N-VA aurait été dans l'opposition au Parlement flamand et au fédéral tout en restant dans le cartel. Cela aurait été irresponsable, selon Geert Bourgeois.

Peumans : "La N-VA doit aller seule aux élections"

Tout comme le ministre démissionnaire Geert Bourgeois, le chef de groupe N-VA au parlement flamand Jan Peumans est d'avis que le cartel que son parti formait avec le CD&V a vécu. Pour lui, la N-VA doit aller seule aux élections régionales de 2009. Il a aussi exclu la formation d'un cartel avec la Lijst Dedecker.

M. Peumans a fait ses déclarations au début de la réunion du parlement flamand où le ministre-président Kris Peeters doit lire la déclaration de rentrée de son gouvenement.

Le président de la N-VA Bart De Wever tient une conférence de presse à 16 heures 30. On devrait alors savoir si le cartel CD&V/N-VA est effectivement mort.

Il faudra voir aussi comment la N-VA se positionnera dorénavant par rapport au gouvernement flamand. Pour Jan Peumans, il n'est en tout cas pas question de renier tout ce qui a été fait pendant 4 ans.

Les ministres Open Vld regrettent départ de Bourgeois

Les ministres Open Vld Marino Keulen et Dirk Van Mechelen ont dit, lundi au début de la séance du parlement flamand, regretter la démission de Geert Bourgeois.

Le vice-ministre-président Dirk Van Mechelen a ajouté qu'il comprenait la décision de M. Bourgeois. Pour les ministres libéraux flamands, le dialogue doit commencer d'urgence.

Geert Bourgeois ne sera pas remplacé au sein du gouvernement flamand. Ses compétences seront reprises par le ministre-président Kris Peeters.

On ne sait pas encore s'il sera remplacé et, s'il l'est, par qui dans l'équipe des négociateurs du gouvernement flamand pour le dialogue de communauté à communauté. M. Bourgeois, de son côté, a repris sa place au parlement flamand.


De Wever : "Le cartel n'est pas officiellement mort" "Officiellement, le cartel CD&V N-VA n'est pas encore rompu", a indiqué lundi après-midi le président de la N-VA Bart De Wever. Le parti nationaliste flamand veut d'abord se concerter avec son partenaire comme celui-ci l'y a invité. "Mais les faits sont les faits", a rappelé M. De Wever, "et la N-VA est dans l'opposition au niveau fédéral et au niveau flamand". Au niveau local en revanche, le cartel subsistera, a précisé M. De Wever. Le CD&V et la N-VA sont en effet ensemble aux affaires dans bon nombre de communes. La mise en oeuvre des accords majoritaires locaux sera poursuivie, a précisé Bart De Wever.

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