Le PS redevient le numéro un wallon

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Le PS redevient le numéro un wallon
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En juin dernier, dans notre baromètre des intentions de vote en Wallonie, le MR avait gardé la première place conquise sur le PS lors des mémorables législatives d'un an auparavant. Mais c'était de justesse, à 0,50 pc près, alors que l'écart entre bleus et rouges avait gonflé jusqu'à 3,6 pc dans le baromètre automnal de 2007. Cette fois, le "centre de gravité" cher à Didier Reynders retrouve une posture plus classique : le PS reprend la tête, avec un ascendant de 1,3 pc dans la version la plus actualisée de notre sondage.

C'est que - on va y revenir dans les pages qui suivent - sa collecte s'est faite en deux temps, auprès du même échantillon de sondés, histoire d'intégrer l'enseignement de l'éclatement du cartel CD&V/N-VA. Avant comme après le 20 septembre donc, le PS reprend les commandes, dans une mesure quasiment identique (1,1 puis 1,3 pc). On ajoutera que ce même renversement de situation avait déjà dominé d'autres sondages récents en Wallonie, quoique dans des écarts plus importants : celui de Dedicated Research pour "Le Soir"/RTBF (15 septembre) a accordé 28,80 pc au PS et 24,60 au MR; celui du même Institut pour le groupe "Vers l'Avenir" (20 septembre) annonce 29,20 et 25,10 pc.

Pour la suite du classement, le clash du cartel flamand voire d'autres actualités du moment ont un peu joué, à deux égards.

Le plus visible : les petits partis avaient dans un premier temps redressé quelque peu la tête : le FN de 5,1 à 5,5 pc; les autres de 3,9 à 4,9 pc. On verra ci-dessus, dans la colonne "après", qu'ils perdent cet avantage même très relatif. Avec 4,5 pc d'intentions de vote, le FN écope même de son score le plus faible depuis des lunes (précisément depuis notre baromètre de mai 2003, avec alors 4,4 pc d'intentions de vote en Wallonie). Comme si, en somme, on retrouvait la voie habituelle des grands partis dès lors que le retrait de la N-VA redonne une vue plus conforme, plus stable voire plus sérieuse au paysage politique.

Second élément : les quatre "grands" n'ont pas profité de la même manière des soubresauts de septembre. Un parti s'affaiblit même entre les deux phases de la collecte des résultats : le CDH. C'est insignifiant, certes, (- 0,50 pc), mais il y a là comme un écho même très amorti des pertes épinglées en Flandre par le lointain (comment dire ?) "cousin" CD&V. Le MR, lui, ne progresse guère entre l'avant et l'après-20 septembre (+ 0,50), de toute manière en retrait dans les deux cas de ses positions de juin; et le PS, guère davantage (+ 0,7, quoiqu'assez pour ne pas perdre sur juin). Seul Ecolo bénéficie d'une évolution significative, avec un progrès de 1,1 pc (qui ne dépassait pas 0,6 pc entre juin et la mi-septembre). Yo-yo habituel avec des "petits" alternatifs, ou manière même inconsciente pour nos sondés de saluer des verts qui avaient le plus radicalement déclaré leur hostilité à la N-VA ?

Toujours est-il que, désormais, Ecolo talonne de près le CDH pour la troisième place : l'ascendant humaniste entre les deux phases a fondu de 2,7 à 1,1 pc.

Quelle bipartite ?

Il est toujours hasardeux d'extrapoler en sièges les intentions de vote. Reste que la question se fera insistante à mesure que l'on s'approche des élections régionales de juin 2009. Or, entre celles de 2004 et la dernière mouture du présent baromètre, les votes ou intentions de vote baissent de 54 à 47 pc pour les actuels coalisés PS et CDH; et montent de 32 à 44 pc pour MR et Ecolo ensemble.

En clair : il est probable qu'il n'y aurait aujourd'hui d'autre bipartite possible que violette, unissant PS et MR ! Quant aux tripartites, tout serait bon...

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