Et alors quoi, la "Cour des comptes" wallonne ?

Nouvel épisode dans un feuilleton wallon éthico-politique déjà riche en bonnes intentions et lanternements Dès décembre 2005, en pleines "affaires", un décret fixait le principe de déclarations, contrôles et plafonds de rémunération de toute une série de mandats locaux et dérivés.

P.P.
Et alors quoi, la "Cour des comptes" wallonne ?
©BELGA

Nouvel épisode dans un feuilleton wallon éthico-politique déjà riche en bonnes intentions et lanternements Dès décembre 2005, en pleines "affaires", un décret fixait le principe de déclarations, contrôles et plafonds de rémunération de toute une série de mandats locaux et dérivés. Il fallut davantage que prévu, plus de 2 ans, pour que le système soit opérationnel. Et encore. Faute de pouvoir déjà installer ce que des majoritaires PS-CDH (pas tous ) présentaient comme une future Cour des comptes wallonne (précisément, un "Office d’inspection des pouvoirs locaux et paralocaux", soit une structure administrative permanente propre à la Région), fut créée, voilà 1 an, une "cellule temporaire de contrôle des mandats locaux". Non pas indépendante, elle, mais sous l’autorité directe du ministre des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS).

Cellule "temporaire" : l’arrêté du 6 décembre 2007 prévoyait ses effets jusqu’au 1er janvier 2009 au plus tard, date à laquelle l’Office devait être créé.

Or, on vient de l’apprendre, le gouvernement wallon, le 12 décembre dernier, a très discrètement révisé l’arrêté en question, prolongeant le mandat de la cellule jusque, cette fois, "au plus tard le 1er janvier 2010". L’arrêté ajoute, dans ses attendus : "Il n’est pas, à ce stade, jugé opportun ni de créer par décret un nouvel organisme ad hoc , ni d’intégrer la cellule au sein du Service public de Wallonie, mais plutôt de confirmer sa forme temporaire"; elle doit donc poursuivre "au moins pendant l’année 2009".

Dans l’opposition, on s’insurge. La députée Véronique Cornet (MR) dénonce une "volte-face" en "totale contradiction" avec les déclarations du passé. Elle tient à la disposition du ministre, dans le détail, "le nombre incalculable de fois" où il a promis un organe wallon parfaitement indépendant

Chez M. Courard, on invoque un élément nouveau, qui lui est étranger : un projet de révision de la Constitution (art. 180) déposé par les députés fédéraux MR (!) Bacquelaine et de Donnea, déjà adopté à la Chambre, en cours d’examen au Sénat. Il vise à étendre le contrôle de la Cour des comptes au-delà de celui des comptes de l’Etat. Cette modification pourrait permettre de lui confier le contrôle des mandats dont il est question en Wallonie.

Prétexte, réplique Mme Cornet : le ministre ne peut ignorer que ledit projet de révision constitutionnelle est en rade, pour des raisons communautaires