L'Union qui fâche le FDF

Il ne fallut pas plus d’un jour après avoir révélé son intention de se lancer dans le bain politique wallon pour que la rumeur plaçât Rudy Aernoudt sur une liste électorale du MR. Et il ne fallut pas un jour supplémentaire pour que cette même rumeur identifie déjà la place qui pourrait lui être octroyée : la troisième sur la liste européenne. Des mécontents chez LiDé égalementGérard Deprez renonce à se présenter FDF: La suite doit venir du MR Aernoudt: ce n'est pas à Lidé à prendre une initiative Cerexhe: "Nous ne fermons pas la porte au FDF et au MCC" Edito - Aernoudt : tout ça pour ça

V.R.
L'Union qui fâche le FDF
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Il ne fallut pas plus d’un jour après avoir révélé son intention de se lancer dans le bain politique wallon pour que la rumeur plaçât Rudy Aernoudt sur une liste électorale du MR. Et il ne fallut pas un jour supplémentaire pour que cette même rumeur identifie déjà la place qui pourrait lui être octroyée : la troisième sur la liste européenne.

Depuis lors, on s’interrogeait. Ira ou ira pas ? Cela a duré des mois. Mais il fallait bien que le suspense se termine un jour. Parce que l’incertitude commençait à peser sur le processus de confection des listes du MR. Les ténors de chaque arrondissement avaient été chargés de garder des places bien au chaud pour les proches d’Aernoudt en cas de ralliement. Mais cette attente commençait à créer de la frustration.

Vendredi soir, le patron du MR, Didier Reynders, a réuni ses troupes. Rudy Aernoudt faisait de même dans un café namurois. Avec un ordre du jour identique : la présence ou non de Lidé - le mouvement lancé par l’ancien chef de cabinet de Serge Kubla - sur les listes du MR. Et c’est l’union qui l’a emporté. Plus par raison que par amour.

Rudy Aernoudt a défendu le projet parce qu’il savait que Lidé seul ne récolterait que des miettes. "Même si on fait 10 pc à 12 pc, analyse-t-il, ce qui n’est quand même pas rien pour un parti débutant, on peut espérer 1 ou 2 élus." De son côté, Didier Reynders, craignait que si Rudy Aernoudt optait pour le stand alone électoral il priverait le MR de voix peut-être décisives dans son bras de fer avec le PS.

Grogne au MCC et au FDF

Concrètement, il a été décidé que Rudy Aernoudt prendrait la troisième place sur la liste européenne - parce qu’il est "convaincu que c’est à partir de l’Europe qu’on peut faire changer les choses en Wallonie". On devrait également retrouver des membres de Lidé sur les listes régionales. Le rapprochement programmatique semble faire peu de problème. Huit des 10 priorités de Lidé font déjà partie intégrante du programme du MR. Il y en a deux qui divisent les deux formations - la limitation dans le temps des allocations de chômage et le taux unique d’imposition. Mais leur intégration dans le programme du MR sera débattue lors de congrès en mars et en avril.

L’arrivée de Rudy Aernoudt sur les listes du MR a cependant créé des tensions internes. Le coordinateur de Lidé pour la région namuroise a claqué la porte, refusant l’intégration à un parti traditionnel. Et au MR, ce sont les composantes non libérales qui se cabrent.

Le MCC d’abord. Sans Aernoudt, Gérard Deprez aurait eu droit à la troisième place sur la liste européenne. On lui propose la première suppléance. Mais cette dernière pourrait ne pas être élective puisqu’on voit mal Louis Michel rempiler comme commissaire européen. Au MCC, on se sent comme abandonné.

Le FDF n’est pas plus heureux. Où l’on va jusqu’à s’interroger sur la participation au MR. Certains parlent de coup monté. "C’est quand même curieux, dit une éminence grise du FDF, que Didier Reynders justifie le ralliement de Rudy Aernoudt par la crainte que ce dernier morde sur l’électorat du MR. Qui peut croire qu’il puisse vraiment faire du tort au MR s’il y allait seul ? Il ne s’est pas domicilié dans les temps en Wallonie, il ne pouvait donc pas lui-même être candidat aux régionales et devait envoyer des inconnus au scrutin. Tout cela a été organisé pour faire du bruit." Le FDF réunit ses instances le 2 mars. Chaud devant.


Aernoudt est resté domicilié en Flandre Quand, à la fin du mois d’octobre, Rudy Aernoudt annonce qu’il se lance dans l’arène politique wallonne, il fait valoir qu’il vient d’acheter une maison à Lustin (Profondeville). On croit alors qu’il y installe aussi son domicile officiel. Or ce n’est pas le cas : Rudy Aernoudt est toujours domicilié à Laethem-Saint-Martin où il possède une maison depuis belle lurette. " Si c’est le cas, affirme un libéral pas au courant, cela montre qu’il ne voulait pas participer au scrutin régional." Car pour se présenter aux élections régionales, il faut être domicilié dans l’arrondissement où l’on dépose sa candidature au moins 6 mois avant le scrutin. Soit avant le 7 décembre. En revanche, il suffit simplement de déclarer appartenir au rôle linguistique francophone pour participer au scrutin européen. " Mais mon intention a toujours été d’aller aux élections européennes ", rétorque Rudy Aernoudt.

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