Coup de fil et moules frites

Mission accomplie. C’est Elio Di Rupo, le président du parti socialiste qui l’a dit :"La pire des choses serait de donner l’impression au citoyen que l’on veut cacher quelque chose".

Mission accomplie. C’est Elio Di Rupo, le président du parti socialiste qui l’a dit : "La pire des choses serait de donner l’impression au citoyen que l’on veut cacher quelque chose".

C’est fait, une chatte n’y retrouverait plus ses jeunes. La commission d’enquête parlementaire pour la séparation des pouvoirs patauge dans l’anecdotique. Des jours durant les commissaires ont auditionné les ministres et chefs de cabinet pour faire la lumière sur cette grave question : le chef de cabinet de Reynders savait-il vraiment, pensait-il savoir, se comportait comme s’il savait - mais savait-il vraiment ? - le contenu de l’avis qu’allait rendre le substitut D’Haeyer devant le Tribunal de commerce de Bruxelles ?

Eh bien les témoins pensent qu’il semblait savoir. Nous voilà gras avec cette information ! Et même s’il savait vraiment, on ne voit toujours pas en quoi la chose aurait constitué une pression sur le judiciaire puisque c’est le chef du cabinet de Leterme qui a demandé à un de ses collaborateurs de prendre contact avec le substitut D’Haeyer. Coup de fil inutile, sans effet , maladroit, stupide, incongru.

Il n’empêche, la commission, dont le rôle, à en croire son président, ne consistait pas à désigner des coupables mais à proposer des règles pour assurer une réelle séparation des pouvoirs, s’est lentement muée en un vague café du commerce d’où il ressort que Reynders, période électorale oblige, devait sortir bleu délavé. Avec juste ce qu’il faut de soupçons pour altérer son image. Mais avec suffisamment de retenue pour ne pas l’inciter à faire sauter le gouvernement.

Voilà une "farce" rondement menée par de mauvais comédiens. Ils voulaient de la transparence, ils ont créé l’opacité. Juste de quoi persuader les citoyens qu’ils ont vu à l’œuvre des politiciens "politicailler" plutôt que des hommes d’Etat cherchant à préserver les institutions.

Pas un mot à propos des règlements de compte qui se déroulent entre procureurs et juges, jusqu’à la cour de cassation. Rien, nada, pfffft

Mesdames et messieurs les commissaires vont se retirer à Ostende pour rédiger leur rapport et recommandations. Ce ne sera pas trop compliqué. Pour l’essentiel il faut dire aux politiques qu’ils ne doivent pas passer de coup de fil aux juges et procureurs. Cela leur laissera le temps d’avaler un bon moules frites.

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