Les sherpas soldent les comptes

Et le mardi, les chefs de cabinet sortirent de l’ombre. Devant les contradictions entre les versions du cabinet des Finances et celle de l’ex-Premier ministre Leterme, plusieurs chefs cab’ ont été appelés à témoigner.PDF: qui est qui dans la magistrature?Edito: coup de fil et moules frites Les trois épisodes qui coincentIls se détestent mais gouvernent ensemble Les tontons flingueurs du palais

Les sherpas soldent les comptes
©Photo News
M.Bu et V.R.

Et le mardi, les chefs de cabinet sortirent de l’ombre. Devant les contradictions dans la relation d’une réunion du 6 novembre entre les versions du cabinet des Finances et celle de l’ex-Premier ministre Leterme, plusieurs chefs cab’ ont été appelés à témoigner en fin de journée sur leur vécu de cette réunion.

Rappel, c’est dans la foulée de cette réunion du 6 novembre que des contacts ont été pris en direction de la magistrature qui s’apprêtait à émettre un avis dans le cadre de la procédure Fortis. Selon les chefs cab’ d’Onkelinx, Milquet et Vandeurzen, la teneur de l’avis (négatif) du substitut du procureur du Roi Paul D’Haeyer a été délivrée par Olivier Henin lors de cette réunion. "Olivier Henin est rentré en réunion après avoir reçu un appel téléphonique et s’est adressé à Hans D’Hondt en indiquant qu’il avait des indications de ce que l’avis de l’auditeur dans le cadre de la procédure Fortis allait poser un problème par rapport à la position défendue par l’Etat belge", a exposé Olivier Vanderijst, le directeur de cabinet de Laurette Onkelinx. Version comparable pour Bernadette Lambrechts, alors chef de cabinet de la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet (CDH). "A titre personnel, écrira-t-elle, j’ai eu l’impression qu’Olivier Henin savait que cet avis était négatif." En précisant toutefois : "Mais je n’en avais aucune preuve matérielle".

Le MR a interrogé les chefs cabinets pour savoir pourquoi ils n’avaient pas fait part de leur sentiment à leur patron respectif s’ils avaient eu un tel sentiment. Olivier Vanderijst a répondu que l’avis étant rendu dans l’après-midi, tout débriefing à sa ministre était vite devenu superflu.

Réunis sur le temps de midi, les chefs de file de la majorité ont accepté de ne pas procéder à des confrontations directes entre témoins - ce que demandaient le PS et les partis d’opposition. Deux autres témoins, les derniers, sont appelés devant la commission d’enquête ce mercredi.

Christian Van Buggenhout est l’avocat de l’Etat dans le cadre de l’affaire Fortis. Il est l’auteur de l’appel téléphonique au chef de cabinet de Didier Reynders le 6 novembre dernier. Devant les réticences de l’ordre des avocats à le laisser témoigner, Me Van Buggenhout a pris les devants, mardi soir, et a indiqué à Bart Tommelein, le président de la commission d’enquête, qu’il ne connaissait pas l’avis de Paul D’Haeyer avant que celui-ci ne le rende.

S’il peut venir témoigner, Christian Van Buggenhout devrait vraisemblablement le faire à huis clos.

Enfin, dernier témoin : Eric De Formanoir. C’est vers ce collaborateur du ministre de la Justice Jo Vandeurzen que Paul Dhaeyer s’est tourné le 6 novembre dernier pour lui faire part des appels téléphoniques des responsables politiques. "Et De Formanoir m’a dit de rendre mon avis comme c’était prévu", avait expliqué Paul Dhaeyer lors de son audition la semaine dernière.

Sur le même sujet