Pour Di Rupo, c'est l'heure des socialistes

Le PS a tenu un congrès dimanche à Bruxelles pour adopter les programmes que le parti défendra en juin prochain lors des élections régionales et européennes. Le congrès a aussi adopté la liste pour les élections européennes.Six objectifs PS pour la Wallonie et la CommunautéVoir notre dossier élections régionales 2009

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Pour Di Rupo, c'est l'heure des socialistes
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Le PS a tenu un congrès dimanche à Bruxelles pour adopter les programmes que le parti défendra en juin prochain lors des élections régionales et européennes. Le congrès a aussi adopté la liste pour les élections européennes.

Il n'y avait pas beaucoup de suspense lors de ce congrès. Le président du parti Elio Di Rupo s'était déjà largement confié à la presse samedi, mettant une nouvelle fois l'accent sur la crise libérale qui frappe actuellement l'économie mondiale.

"Le système produit par l'idéologie libérale a montré qu'il n'était pas seulement injuste et écologiquement suicidaire mais qu'il était aussi économiquement intenable. C'est l'heure des socialistes", a lancé le président dimanche, après avoir tracé un bilan positif de l'action des gouvernements wallon et de la Communauté française et avoir réaffirmé la solidarité entre Bruxelles et la Wallonie. "Nos valeurs ne sont pas côtées en bourse. Nos actions profitent à tous" sera le slogan des socialistes en campagne.

Quant à la liste pour les élections européennes, on savait déjà qu'elle serait conduite par le ministre régional wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt. A la deuxième place, on trouve la députée européenne sortante Véronique De Keyser. La sénatrice et éphémère ministre de la santé de la Communauté française Christiane Vienne occupe la troisième place et le député fédéral Patrick Moriau la quatrième.

Viennent ensuite le député wallon Frédéric Daerden, la députée fédérale Valérie Déom et la ministre de la culture et de l'audiovisuel de la Communauté française Fadila Laanan. La dernière place de la liste est occupée par le ministre wallon des Affaires intérieures Philippe Courard.

Le ministre régional et communautaire Marc Tarabella a été choisi pour occuper la première suppléance. Il est suivi de Simone Susskind et de la députée sortante Giovanna Corda. L'ancien commissaire européen et député européen sortant Philippe Busquin est dernier sur la liste des suppléants. Resi Stoffels est la candidate PS pour l'Europe en Communauté germanophone.

La liste ainsi composée avait déjà été adoptée par le Bureau du parti. Elle a été approuvée par 93pc des votants lors du congrès de dimanche. Tant pour l'Europe que pour la Région wallonne, le PS a réaffirmé sa volonté de lutter contre les dérives libérales qui ont conduit à la crise actuelle.

Pour l'Europe, la priorité du PS est de raviver la "stratégie de Lisbonne", élaborée sous l'impulsion des socialistes et dans laquelle la dimension humaine et sociale est essentielle, a dit Elio Di Rupo. "Pour le dire dans un slogan ramassé: Stop Barroso, Go Marcourt", a-t-il lancé. Pour la Wallonie et la Communauté française, le président des socialistes a présenté un bilan positif de la dernière législature au cours de laquelle le PS était en coalition avec le cdH.

Le Contrat d'avenir et le Plan Marshall ont permis à la Wallonie de retrouver une attractivité internationale qu'elle avait perdue depuis des décennies. Les récents investissements sont "la reconnaissance internationale du travail des socialistes", a dit M. Di Rupo. A propos de la Communauté française, il s'est félicité du fait que le "PS a remis l'enseignement en marche".

Mais c'est en commentant l'actualité fédérale qu'Elio Di Rupo a été le plus critique. Il a rappelé que depuis 1993, le PS a participé à un assainissement des finances publiques qui permettait de dégager des marges pour des politiques nouvelles. "Et puis patatras, la crise libérale nous a frappé de plein fouet. En quelques semaines, tous nos efforts ont été réduits à néant", a-t-il dit.

Pour le président du PS, il n'est cependant pas question d'un plan d'austérité. "Ce ne sont quand même pas la classe moyenne et les personnes à faibles revenus qui vont payer l'aveuglement et la cupidité des grands patrons qui se sont enrichis et qu'on a laissé faire", a-t-il dit, ajoutant qu'il faudra certes revenir à l'équilibre mais "en se laissant le temps de sortir de la crise".

M. Di Rupo a aussi stigmatisé le fait que "personne n'est responsable" de la situation actuelle. "Certes, il y a bien un premier ministre et un ministre de la Justice qui ont démissionné. Mais c'est incroyable quand on voit l'état du pays et pourtant personne n'est responsable. La crise est un OVNI. Cela vient des Etats-Unis, dit-on. Nous sommes indignés", a-t-il dit alors qu'un militant lance depuis la salle "Reynders".

Le président des socialistes a aussi insisté sur le fait que son parti est le défenseur des services publics. "C'est terminé de faire le procès de l'Etat". La mondialisation aurait pu générer une prospérité partagée mais les ultralibéraux en ont fait un instrument de concurrence effrénée entre les peuples et les individus, a-t-il encore dit.

Pour Elio Di Rupo, c'est l'heure des socialistes. "Le PS apporte espoir et confiance. Il soutient l'économie réelle. Il veut mettre la finance au service de l'économie réelle et l'économie réelle au service des citoyens" a encore souligné le président, ajoutant que le PS veut "une campagne axée sur les idées".

Le parti tiendra un congrès spécifique pour la Région bruxelloise. Le sort de la région capitale n'a donc été évoqué que très brièvement par M. Di Rupo qui a souligné "le travail accompli par l'Olivier et avec Charles (Picqué) en chef de file pour renforcer le rôle de ville internationale de Bruxelles et de levier économique du pays".

Un millier de militants participaient au congrès qui s'est tenu dimanche à Flagey à Bruxelles. Outre les représentants syndicaux et des mutuelles, on remarquait aussi la présence de la présidente des socialistes flamands Caroline Gennez.