Sans-papiers: Grève de la faim à l'église du Béguinage

Les quelque 230 occupants sans-papiers de l'église du Béguinage à Bruxelles ont entamé depuis deux jours une grève de la faim en vue d'obtenir la régularisation de leur situation.

BELGA
Sans-papiers: Grève de la faim à l'église du Béguinage
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Les quelque 230 occupants sans-papiers de l'église du Béguinage à Bruxelles ont entamé depuis six jours une grève de la faim en vue d'obtenir la régularisation de leur situation, ont-ils annoncé mardi au cours d'un point presse. Les 170 hommes et 60 femmes occupent l'église du Béguinage depuis le 20 janvier dans l'espoir de pouvoir être régularisés sur base d'une circulaire, dont l'élaboration a été annoncée dans l'accord du gouvernement de mars 2008. Après avoir mené des actions régulières auprès de représentants politiques et de l'Office des étrangers, les occupants sans-papiers de l'église du Béguinage estiment que la grève de la faim est leur dernier recours.

Les porte-parole du groupe ont tenté sans succès de dissuader les occupants d'entamer une grève de la faim. "Nous n'avions pas la volonté de mener initialement une grève de la faim et avons mené de nombreuses actions afin de mettre la pression sur le gouvernement. Nous attendons la circulaire de régularisation depuis plus d'un an et les personnes du groupe sont désespérées. On n'a plus confiance", a déclaré un porte-parole.

A l'ULB, les 280 occupants ont entamé leur 36e jour de grève de la faim. Et les 103 grévistes de la faim de la VUB, dont cinq femmes, mènent une grève de la faim depuis 51 jours. Les occupants de l'église du Béguinage, qui renonçaient à jeûner, avaient l'impression d'être le dernier groupe à lutter pour une régularisation de tous les sans-papiers, confient-ils.

Ils craignent à présent que la circulaire de régularisation ne sorte pas avant le mois de septembre, en raison des élections régionales de juin et des vacances d'été. Les occupants de l'église du Béguinage ont décidé la semaine dernière de recentrer leur action en réclamant en urgence une régularisation de leur situation.

Le curé néerlandophone de l'église, Daniel Alliet, a déclaré qu'il n'approuvait pas le choix des occupants d'entamer une grève de la faim mais qu'il continuait à les soutenir dans leur action. "Quand une personne tente de se suicider, la famille ne doit pas être là pour juger mais pour comprendre les raisons qui poussent cette personne à commettre cet acte", a-t-il dit. "Je ne suis pas favorable à une action mettant en danger la vie de personnes mais les occupants qui sont désespérés ont une autre logique que la nôtre. Les sans-papiers ont mené une série d'actions et reçu le soutien de représentants des différentes communautés religieuses et philosophiques du pays et aussi des universités et des syndicats, sans résultat. Ils n'ont plus à rien à perdre", a déclaré le prêtre. "L'Eglise reconnaît elle-même que la vie n'est pas une valeur absolue et qu'elle peut être mise en danger pour une cause plus grande", a-t-il ajouté, faisant référence aux martyrs. A la VUB, 42 occupants ont déjà été emmenés en ambulance à l'hôpital en vue de stabiliser leur état de santé.

Dans une lettre adressée à la ministre de l'Immigration et de la Politique d'asile Annemie Turtelboom (Open Vld), Jean-Marie Piersotte, un ancien permanent national CNE, prévient la ministre que "très bientôt, il sera trop tard pour vous et pour ces 103 personnes de la VUB qui déjà auront à connaître, pendant le reste de leur vie, de séquelles irréversibles de leur action". "Vous affirmez que vous ne pouvez rien faire d'ici les élections du 7 juin, mais elles ne sont pas organisées au niveau national à ce que je sache. Vous pouvez activer la circulaire puisqu'elle est prête depuis juillet 2008", conclut-il.

A l'ULB, plusieurs médecins sollicités par le passé pour assurer un suivi médical à des sans-papiers grévistes de la faim ont décidé de ne pas se rendre sur le lieu d'occupation, invitant la ministre à prendre ses responsabilité.

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