Il est moins cinq pour le destin de Bruxelles

"Il y a le feu" à Bruxelles. Les élus de demain devront agir pour que la Région-capitale ne se mette pas dans une "situation hors contrôle", a affirmé samedi après-midi Alain Deneef, au terme de la séance de clôture des états généraux de Bruxelles organisés par la "Plate-forme civile bruxelloise" qu'il présidait. "Bruxelles doit être gérée autrement"

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© Christophe Bortels
Belga

"Il y a le feu" à Bruxelles en matière d'enseignement, de logement, de mobilité et de relation avec les voisins, la fracture sociale s'approfondit: les élus de demain devront agir pour que la Région-capitale ne se mette pas dans une "situation hors contrôle", a affirmé samedi après-midi Alain Deneef, au terme de la séance de clôture des états généraux de Bruxelles organisés par la "Plate-forme civile bruxelloise" qu'il présidait.

Au terme de 16 conférences-débats alimentées par autant de documents scientifiques, et de 50 heures de discussions ouvertes auxquelles ont participé quelque 2.500 personnes, la "plate-forme de la société civile bruxelloise" a remis ses conclusions, samedi, en présence de la plupart des têtes de liste des principales formations démocratiques de l'échiquier politique bruxellois: Charles Picqué (PS), Armand De Decker (MR) , Benoît Cerexhe (cdH), Christos Doulkeridis (Ecolo), Steven Van Ackere (CD&V), Pascal Smet (sp.a) et Bruno De Lille (Groen ! ). L'Open Vld était représenté par Sven Gatz.

Devant plusieurs centaines de personnes dont de nombreux mandataires politiques bruxellois, la plate-forme a présenté ses idées-force qui définissent une série d'urgences pour la Région-capitale. Depuis le printemps 2008, dix organisations, dont les syndicats FGTB et CSC de Bruxelles, le BECI (Brussels Enterprises, Commerce and Industry), Inter-Environnement Bruxelles, le Réseau des Arts à Bruxelles, et les initiateurs de la pétition "Nous existons! Wij bestaan! We exist! " ont planché avec des représentants du monde universitaire et la revue scientifique Brussels Studies sur le devenir de la Région-capitale. Dédiant la fin des travaux de la plate-forme de la société civile à la jeunesse et à ceux qui n'existent nulle part (les sans papiers), Alain De Neef a notamment demandé au monde politique de se mettre au travail dès le lendemain des élections pour faire des jeunes, de plus en plus nombreux à Bruxelles, un atout en s'emparant sans attendre du dossier de l'enseignement "pour ne pas franchir un cap où la situation sera hors contrôle".

Parmi les chantiers dont elle souhaite l'ouverture, la plate-forme a demandé aux futurs élus d'élaborer un nouveau Plan de Développement Régional étendu au domaine social et intégrant les plans existant entre autres en matière d'urbanisme et de déplacements. Ses conclusions abordent des pistes pour réduire la fracture sociale au sein de la population bruxelloise: créer des emplois adaptés au profil de la population, encourager des activités économiques de proximité, promouvoir une économie basée sur le cycle des matières, renforcer la politique des quartiers, augmenter la part publique dans l'offre de logements,...

La plate-forme prône également un renforcement des compétences de la Région en matière de taxation des entreprises, de mobilité, de stationnement, de tourisme, de la culture, d'intégration des primo-arrivants. Interpellés à ce sujet, les différents représentants des partis assistant aux conclusions ont donné leurs priorités respectives pour améliorer le fonctionnement des institutions bruxelloises.

Les néerlandophones se sont montrés partisans d'une centralisation plus accrue que leurs homologues francophones des compétences régionales.

Steven Van Ackere souhaite une seule zone de police à Bruxelles, tout comme Sven Gatz qui est en outre partisan de la centralisation de tous les CPAS.

Pascal Smet a quant à lui plaidé pour la fusion de toutes les communes de la capitale et un élargissement de Bruxelles, d'abord jusqu'à Waterloo. Du propre aveu des organisateurs, la plate-forme de la société civile bruxellois n'a pas réussi à toucher le public des ressortissants de l'Union européenne et la population immigrée de la capitale qui représente 40 pc de sa population.