L’appel citoyen aux futurs élus : "Il est moins cinq "

"Il y a le feu à Bruxelles en matière d’enseignement, de logement, de mobilité ; les relations avec les voisins sont problématiques ; la fracture sociale s’approfondit : les élus de demain devront agir pour que la Région-capitale ne se mette pas dans une situation hors contrôle ".

Christian Laporte

I l y a le feu à Bruxelles en matière d’enseignement, de logement, de mobilité ; les relations avec les voisins sont problématiques ; la fracture sociale s’approfondit : les élus de demain devront agir pour que la Région-capitale ne se mette pas dans une situation hors contrôle "

Et d’attirer particulièrement l’attention sur le fait qu’il y a de plus en plus de jeunes dans la ville-région. Un bel atout qui peut cependant virer à l’aigre si les décideurs ne se retroussent pas immédiatement les manches.

En concluant les Etats généraux de Bruxelles, samedi après-midi, devant un Kaaitheater chaud au propre comme au figuré, signe que la société civile bruxelloise s’est sentie interpellée par la démarche (même si les Européens et les nouveaux Belges étaient tragiquement absents), Alain Deneef a fustigé le monde politique.

Ce qui a fait grincer quelques dents dans les rangs de l’actuelle majorité régionale en ces temps délicats où ils battent la campagne. Pourtant, tous les ténors des partis démocratiques étaient venus pour être mis sur le gril par un Philippe Van Parijs en verve. Et ce dans les deux langues nationales à l’image des Etats généraux où il y a eu une réelle convivialité entre francophones et néerlandophones.

Même Benoît Cerexhe (CDH), empêché dans un premier temps, avait rejoint les têtes de listes, là où Joëlle Milquet avait été annoncée. Résultat ? Un panel exclusivement masculin puisque la seule tête de liste féminine, Evelyne Huytebroeck (Ecolo) était remplacée par Christos Doulkeridis. Du haut des gradins, les réactions fusent : "bravo la mixité !" , "vive les femmes"

Pas de quoi démonter le panel ni son "Monsieur Loyal", qui a d’abord demandé quelle était la mesure des mesures que prendraient les chefs de file s’ils étaient des despotes. Sans surprise, le réaménagement des compétences entre la région et les communes voire la communauté a été mis en avant.

Avec des accents particuliers : Sven Gatz (Open VLD) et Steven Vanackere (CD&V) ont plaidé pour une seule zone de police, Pascal Smet (SP.A) ne veut plus qu’une assemblée communale qui serait aussi le parlement de la ville mais avec des districts.

Quid des relations avec ses voisines ? Pour Armand De Decker (MR), il n’est pas sot d’être utopiste : la région centrale devrait couvrir les deux Brabant et former une grande communauté urbaine. Pour Charles Picqué (PS), cette dernière pourrait être gérée par un conseil de ministres issu des régions. Une certitude : l’idée percole dans tous les partis, francophones et flamands.

Partis bruxellois spécifiques

Restait à poser la question qui tue : pourquoi ne pas revenir à des partis bilingues bruxellois ? Pas de problème pour le duo écologiste Doulkeridis et De Lille et c’est une piste à retravailler pour le PS et le MR là où Sven Gatz insiste pour donner une deuxième voix dans l’autre communauté aux électeurs. Plus surprenant : M. Cerexhe a insisté sur la solidarité Wallonie-Bruxelles plus que sur la spécificité bruxelloise alors que son "frère" chrétien-démocrate flamand Vanackere venait de souligner qu’il avait été élu sur la liste CDH à Bruxelles-Ville.


Front commun universitaireLe signal est fort : côte à côte, les recteurs des universités bruxelloises ont manifesté l’appui du monde académique à la démarche de la société civile. Mais il n’y eut pas que la présence de Philippe Vincke (ULB), Paul De Knop (VUB) et Jean-Paul Lambert (Saint-Louis). Au nom des unifs bruxelloises, le vice-recteur de l’ULB, Serge Jaumain, a annoncé la création du Brussels Studies Institute. Une structure interuniversitaire, intercommunautaire et trilingue qui rassemblera les spécialistes des études bruxelloises. Au fond, une réponse à l’appel des mouvements citoyens qui ont dit qu’ils n’acceptaient plus le clivage communautaire à Bruxelles