La présidente Edmée De Groeve parle de vengeance

Contactée par nos soins, la présidente Edmée De Groeve s’étonne des développements du dossier de licenciement de Marcel Buelens, CEO de BSCA, la société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi.

Ph. Law.

Contactée par nos soins, la présidente Edmée De Groeve s’étonne des développements du dossier de licenciement de Marcel Buelens, CEO de BSCA, la société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi. "Il s’est mis hors jeu lui-même en ayant voté contre les souhaits de son actionnaire. Je mets le reste sur le compte de la vengeance et la volonté de nuire à un outil qui fonctionne bien", nous a confié Edmée De Groeve. BSCA ou son représentant est cité à comparaître le 22 juin devant le tribunal de commerce de Charleroi à qui les avocats du désormais ex-CEO de l’aéroport carolo demandent d’annuler la décision de licenciement de leur client prise le 8 juin. Ils exigent sa réintégration dans ses fonctions. "Il a le droit d’aller en justice comme tout le monde qui se sent lésé", sourit-elle.

Quid des faits relatifs au voyage aux îles Canaries, le séjour à l’hôtel (4 jours, 3 nuits) payés par l’aéroport pour des proches de responsables socialistes en vue ainsi que les invitations VIP de personnes n’ayant rien à voir avec BSCA au Grand Prix de F1 à Francorchamps ? "C’est vrai que j’ai fait un voyage à Tenerife avec une délégation. Mais c’est une surprise que m’a faite le management en m’offrant ces 10 places et j’en ai profité pour inviter des gens de la société civile. Le frère d’Elio Di Rupo et celui de Paul Magnette étaient du voyage, mais le premier est un client fréquent de l’aéroport et le second est pilote pour l’aviation privée", nous a confié la présidente. Sauf qu’un mail qu’elle a adressé le 16 septembre 2008 indique que c’est elle qui est à l’initiative du voyage. Les invitations à Francorchamps, dit-elle, vise à promouvoir l’activité "B to B" qu’elle essaie de développer à l’aéroport. Elle dément les autres accusations. Mais des cadres de BSCA que nous avons contactés ne se rappellent pas avoir fait une "telle surprise de Tenerife" à la présidente De Groeve. Quant aux administrateurs, l’un d’eux nous a confirmé les dépenses liées à l’aménagement du bureau et de la salle VIP (64000 €). Il range les autres accusations au chapitre de "rumeurs tant qu’aucun élément ne viendra les confirmer". Mais certains souhaitent une vérification. Nous n’avons pas pu joindre hier le ministre de tutelle, André Antoine (CDH) pour avoir sa réaction.

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