Edmée De Groeve évoque le vol de ses justificatifs

Le comité de nomination et de rémunérations a pratiquement terminé l’audit des comptes et des frais de la présidente Edmée De Groeve (PS) ainsi que ceux du management de BSCA, la société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi.

Ph. Law.
Edmée De Groeve évoque le vol de ses justificatifs
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Le comité de nomination et de rémunérations a pratiquement terminé l’audit des comptes et des frais de la présidente Edmée De Groeve (PS) ainsi que ceux du management de BSCA, la société gestionnaire de l’aéroport de Charleroi. Et les premiers éléments du rapport confirment bien des entorses à la bonne gouvernance au sommet de la société, ce qui impose de perfectionner son fonctionnement. "Il y a bien un problème de transparence dans la justification et l’engagement de certaines dépenses. La présidente a pris seule certaines décisions (l’achat du mobilier de son bureau, invités au vol inaugural à Ténérife, etc.) alors que cela aurait dû être le fait du comité de direction. Elle a apporté beaucoup de choses à l’aéroport, mais elle est trop autoritaire, ce qui empêche toute possibilité de dialogue avec elle. Elle met les gens sous pression, notamment le management qui se retrouve en difficulté" , nous a confié une source proche du dossier.

De l’examen des comptes, il ressort que la présidente De Groeve a effectué des retraits d’argent frais à la comptabilité, mais ils seraient "marginaux" . Ses autres frais pour l’année 2008 s’élèveraient à environ 35 000 € contre quelque 25 000 € pour l’ex-CEO, Marcel Buelens. Le réviseur de l’entreprise évalue actuellement ses dépenses pour les cinq premiers mois de 2009. Mais elle n’a pas pu produire les justificatifs des dépenses effectuées avec la carte de crédit de l’aéroport. Elle a informé les membres du comité de nomination et de rémunérations que toutes les souches de ses dépenses du 1er janvier 2008 au 31 mai 2009 (période couverte par le contrôle du comité) ont été dérobées. Elle dit d’ailleurs avoir porté plainte contre X pour vol des documents.

Selon nos informations, la présidente, qui cumule désormais aussi les fonctions de CEO ad interim de BSCA et de BSCA Security, devrait être entendue, ce jeudi matin, par la police judiciaire de Charleroi sur ses "dépenses somptuaires et privées" sur le compte de BSCA. Les investigations du parquet carolo dans le cadre de l’information judiciaire se poursuivent. L’ex-CEO Marcel Buelens aurait été entendu une seconde fois par les enquêteurs.

Concernant les dépenses relatives au vol inaugural de JetairFly avec séjour dans un hôtel 5 étoiles à Ténérife, des documents (principalement des mails) tendraient à prouver que l’initiative a été prise par l’ex-CEO relayé par David Gering, le responsable du développement de l’aéroport. Mais c’est la présidente qui a choisi les invités. "Le choix de certains invités comme les frères d’Elio Di Rupo ou du ministre Paul Magnette est critiquable. A l’avenir, il faudra que la décision de participer à un vol inaugural et l’élaboration de la liste des invités soient à l’appréciation du comité de direction" , indique un administrateur de BSCA.

Même constat aussi pour le dossier relatif à la participation au Grand Prix de F1 à Spa-Francorchamps. "Le contrat portant sur deux ans (2007 et 2008) a été signé par l’ex-CEO Marcel Buelens. Les places ont été offertes au management (vendredi), au personnel (samedi) et le dimanche a été réservé aux invités VIP (qui ?). A noter que c’était un mot d’ordre politique à l’époque et on avait insisté pour que les entreprises publiques achètent des billets ou prennent part à la relance du Grand Prix de F1 en Wallonie. Aujourd’hui, le management de BSCA a estimé que le coût de cette opération est trop élevé et n’a pas reconduit le contrat" , dit-on.

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