Belgique, un des 5 pays de l'OTAN, à accueillir des armes nucléaires américaines

La Belgique est un des cinq pays de l'OTAN à accueillir sur son sol un arsenal d'armes nucléaires, rapportait, dans un rapport de février dernier, le GRIP (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité).

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La Belgique est un des cinq pays de l'OTAN à accueillir sur son sol un arsenal d'armes nucléaires, rapportait, dans un rapport de février dernier, le GRIP (Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité). La France et le Royaume-Uni ne sont pas les seules puissances nucléaires en Europe. Cinq autres pays de l'OTAN (Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Turquie) accueillaient en 2008 un arsenal nucléaire estimé à 240 bombes B-61 au sein de bases nationales (comme Kleine-Brogel en Belgique) ou de bases appartenant aux Etats-Unis. Selon la Federation of American Scientists, il y en aurait vingt à Kleine-Brogel.

Depuis 1954, dans le cadre de l'OTAN, les États-Unis stationnent des forces nucléaires dans plusieurs pays du continent (1963 en Belgique). Reliques de la Guerre froide, ces forces devaient originellement faire face à la supériorité des troupes conventionnelles du pacte de Varsovie. De plus de 7.000 armes nucléaires tactiques, réparties dans une dizaine d'États européens au milieu des années 1970, l'arsenal n'a cessé de diminuer, à la suite de l'éclatement de l'URSS, pour parvenir au chiffre de 350 armes en 2007, rapporte encore le GRIP.

Depuis le début de la décennie, la question de l'utilité de ces armements, et donc indirectement d'un possible retrait, est de plus en plus souvent évoquée.

En toute discrétion entre 2005 et 2008, les États-Unis ont dénucléarisé deux de leurs plus grandes bases européennes, Ramstein (Allemagne) et Lakenheath (Royaume-Uni). Elles abritaient au total 180 bombes nucléaires.

Pour le GRIP, les 240 bombes restantes ont sans doute définitivement perdu leur rôle militaire au profit d'un rôle politique. Les raisons de ce retrait ne se limitent pas seulement à des problèmes de sécurité dans ces bases. D'autres problématiques comme l'évolution de l'Alliance atlantique, la politique de chacun des pays hôtes, le renouvellement des flottes à capacité duale, l'utilité stratégique, sans compter la pression de l'opinion publique soutenue par des organisations pacifistes, contribuent et vont contribuer à limiter ce stationnement d'armes, prédisait en février le GRIP.