Le pari impossible

Nous l’avons dit sous le règne de Verhofstadt, répété sous Leterme I er , rabâché dès septembre 2008 quand la crise entrait dans sa phase explosive et seriné encore tout au long de ces derniers mois : le gouvernement fait des bêtises budgétaires.

Nous l’avons dit sous le règne de Verhofstadt, répété sous Leterme I er , rabâché dès septembre 2008 quand la crise entrait dans sa phase explosive et seriné encore tout au long de ces derniers mois : le gouvernement fait des bêtises budgétaires

Dans l’interview qu’il nous accordait hier, le tout frais émoulu ministre du Budget, Guy Vanhengel, n’a rien dit d’autre en constatant que les déficits sont structurels, aggravés - mais aggravés seulement - par la crise conjoncturelle.

L’ère de la violette (socialiste-libérale) a été la plus calamiteuse de ce point de vue : les fruits de la croissance ont été dilapidés dans le court terme; aucune réforme des structures de l’Etat n’a été entreprise; la dette n’a été que mollement gérée. Elle est au cours des dix dernières années l’élément qui a le moins bénéficié de la bonne tenue de l’économie. Elle est pourtant, par son ampleur, le poste le plus pénalisant et le plus paralysant pour l’action des gouvernements : sa diminution drastique et rapide aurait dû être la priorité des priorités.

La dette vient d’exploser à nouveau, nous ramenant, en six mois, dix ans en arrière. Et puisque nos gouvernants n’ont pas eu le courage - il en fallait pourtant si peu - de faire ce qu’il fallait lorsque les circonstances étaient favorables, ils vont devoir le faire maintenant, quand tout est plus difficile.

Les voici confrontés à l’impossible pari auquel leur impéritie les a contraints : serrer les cordons de la bourse sans casser une sécurité sociale plus indispensable que jamais.