Fortis : le monde politique s'ébroue

Avec les récentes évolutions du dossier judiciaire Fortis, l'ancien président de la Commission parlementaire "séparation des pouvoirs", Bart Tommelein (Open Vld) est d'avis que la Commission pourrait être relancée, le juge d'instruction gantois Henri Heimans ayant élargi son instruction. Les chefs de groupe MR, PS et CD&V sont plus nuancés.

J.-C.M. et M.Bu.
Fortis : le monde politique s'ébroue
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Avec les récentes évolutions du dossier judiciaire Fortis, l'ancien président de la Commission parlementaire "séparation des pouvoirs", Bart Tommelein (Open Vld) est d'avis que la Commission pourrait être relancée, le juge d'instruction gantois Henri Heimans ayant élargi son instruction. Les chefs de groupe MR, PS et CD&V sont plus nuancés.

La nouvelle tournure que prend l'affaire ne surprend pas M. Tommelein, aujourd'hui membre du Parlement flamand. "Nous nous sommes contentés de dire, à propos de la procédure en appel, que le principe de séparation des pouvoirs avait peut-être été violé. Mais je savais, de sources judiciaires, qu'il y aurait une suite au dossier", explique-t-il. Jean-Marie Dedecker (LDD) et le Vlaams Belang ont embrayé.

Daniel Bacquelaine (chef de groupe MR) reconnaît que la Commission a elle-même prévu qu'elle pourrait reprendre ses travaux s'il y avait des éléments neufs dans le dossier mais il estime que cela ne pourrait se faire que lorsque toutes les procédures judiciaires seront épuisées. Pour Thierry Giet (PS), il est actuellement impossible d'aller plus loin. "S'il y a des éléments neufs, nous pourrons reprendre nos travaux mais nous n'en sommes qu'à une inculpation. Il faut attendre que le dossier soit clôturé sinon nous violerions le principe de la présomption d'innocence. Il faut respecter les droits de la défense", a délaré M. Giet. Même son de cloche de la part du chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten, lequel a rappelé qu'on attend pour l'automne un rapport sur le sujet du Conseil supérieur de la Justice.

Du côté de l'opposition au Fédéral, chez Ecolo, on temporise aussi - tout en disant prêt à relancer les travaux de la commission dès que la Justice aura progressé. "Que la Justice avance rapidement, et nous reprendrons nos travaux, explique le député Ecolo Georges Gilkinet. A ce stade, il est prématuré de reprendre le travail. Reste maintenant qu'il apparaît de plus en plus clairement que d'autres magistrats voire d'autres membres du gouvernement ont été impliqués dans des fuites. Ecolo est disponible pour faire la clarté complète sur ce dossier", termine Georges Gilkinet.

"De Tijd" écrivait, jeudi, que certains soupçons se portaient désormais sur le président de la Cour de cassation. Le juge d'instruction gantois a reçu le feu vert pour examiner le rôle exact Ivan Verougstraete. A-t-il également transmis certaines informations au gouvernement dans les instants qui ont précédé le prononcé de l'arrêt Fortis le 12 décembre ? Jusqu'à présent, les soupçons s'étaient concentrés sur le compagnon de l'un des trois conseillers du procès Fortis, Christine Schurmans. Selon "De Tijd", une enquête disciplinaire a été initiée contre M. Verougstraete et une sanction aurait été prise à son encontre.

© La Libre Belgique 2009