Grippe A: Trop peu de doses à l’horizon

Fin mai dernier, le numéro deux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait espérer que " les laboratoires pharmaceutiques seraient capables de produire un vaccin contre le virus A (H1N1) d’ici fin juin-début juillet". Où en sommes-nous à la fin août ?Notre dossier

Grippe A: Trop peu de doses à l’horizon
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L.D.

Fin mai dernier, le numéro deux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait espérer que " les laboratoires pharmaceutiques seraient capables de produire un vaccin contre le virus A (H1N1) d’ici fin juin-début juillet". Où en sommes-nous à la fin août ? Alors qu’au moins sept laboratoires sont actuellement en phase d’essais cliniques sur des volontaires sains, Baxter International a annoncé le 6 août dernier avoir finalisé la production des premiers lots de son vaccin, qui sera commercialisé sous le nom de Celvapan.

Mais si, une fois les autorisations délivrées, les mises sur le marché devraient se succéder d’ici début octobre, avec une montée en puissance progressive par la suite, on peut craindre que les doses ne soient pas disponibles en quantité suffisante pour répondre à la demande dans les premiers mois. "L’approvisionnement sera extrêmement limité pendant plusieurs mois", a ainsi averti la directrice de l’OMS, le Dr Margaret Chan.

Actuellement, 25 laboratoires travaillent sur la production de ce vaccin, dont les sept plus grands en absorbent à eux seuls 85 pc, d’après l’OMS qui estime que l’ensemble des grands laboratoires pourraient produire au maximum quelque 94 millions de doses par semaine.

Et ce, pour autant que la souche ait un bon rendement. Or il semblerait que ce ne soit pas forcément le cas, du moins avec la première souche fournie par l’OMS. D’après les fabricants, ce rendement se situerait entre un tiers et la moitié de celui qu’ils peuvent généralement espérer en présence d’une bonne souche de virus saisonnier. Aussi les industriels espèrent-ils une amélioration avec les nouvelles souches reçues il y a peu. Si le rendement s’avère meilleur, des millions de doses supplémentaires pourraient être produites.

C’est que la demande est colossale : rien que pour l’hémisphère nord, plus d’un milliard de doses ont été commandées. Il faut dire qu’à l’heure actuelle, on ignore toujours si une dose suffira ou si deux doses seront nécessaires. Aussi la France, qui compte 64 millions d’habitants, a-t-elle par exemple commandé 94 millions de doses.

Et comme les laboratoires se sont engagés à servir les pays riches en priorité "L’avantage va à la richesse", a regretté à ce propos Mme Chan. Ce sur quoi les pays en développement pauvres pourront dès lors compter ? "Question critique", répond l’OMS, même si deux laboratoires, en l’occurrence Sanofi-Pasteur et GlaxoSmithKline, se sont engagés à donner à l’OMS, le premier 10 % de sa production à concurrence de 100 millions de doses, le second 50 millions de doses. Un geste qui ne permettra toutefois pas de couvrir les besoins réels de ces régions plus pauvres.

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