Voile à l’école : tensions à Anvers

Dans deux écoles anversoises, le port du foulard islamique est dorénavant interdit et, depuis la rentrée des classes, cette mesure n’en finit pas de faire des vagues. Lundi, la police anversoise a arrêté neuf manifestants devant l’athénée de Hoboken, dont huit membres des Actief Linkse Scholieren ("Ecoliers actifs de gauche").

Voile à l’école : tensions à Anvers
©Johanna de Tessières
P.G.

Dans deux écoles anversoises, le port du foulard islamique est dorénavant interdit et, depuis la rentrée des classes, cette mesure n’en finit pas de faire des vagues. Lundi, la police anversoise a arrêté neuf manifestants devant l’athénée de Hoboken, dont huit membres des Actief Linkse Scholieren ("Ecoliers actifs de gauche"). Ils distribuaient des tracts et appelaient les élèves à ne pas céder et à continuer les protestations. Mais la nuit même, des vandales s’étaient introduits dans l’école, peignant des slogans sur les murs, jetant des livres par la fenêtre et détruisant un ordinateur. La semaine dernière, le bourgmestre Patrick Janssens (SP.A) avait décrété une interdiction de manifester aux abords des deux écoles en question.

Vendredi passé, une centaine de manifestants avaient protesté devant l’Athénée royal d’Anvers mais, dans l’ensemble, la situation était restée assez calme. La directrice de l’établissement, Karin Heremans, avait toutefois signalé que 95 élèves s’étaient absentées illégalement depuis le début de la semaine et que 33 autres s’étaient désinscrites en guise de protestation. L’annonce par la direction de l’Athénée d’installer un vestiaire spécial pour les élèves portant le foulard n’avait pas réussi à les faire changer d’avis.

Mais à l’athénée de Hoboken, l’autre école concernée, les choses avaient tourné à l’affrontement. Des slogans tels que "Tous les Flamands dehors" avaient été scandés et des menaces de mort proférées à l’encontre de professeurs. L’interdiction de manifester avait suivi, le bourgmestre estimant que, vu la tournure prise par les événements, la liberté d’expression butait désormais contre le droit de choisir librement et sereinement son école.

Chris Weyers, directrice de l’athénée de Hoboken, persiste et signe. Elle estime, dans les colonnes du "Morgen", que son établissement est devenue une école-ghetto, où 96 % des élèves sont musulmans et où l’on assiste ces dernières années à une radicalisation des esprits. Elle se défend de toute attitude anti-musulmane, arguant notamment qu’elle organise des cours de néerlandais à l’usage des mères d’élèves. Mais elle affirme aussi, cette fois sur la première chaîne de la VRT, que des élèves sont intimidées par mail, par SMS ou par téléphone.

Lundi soir, la députée fédérale Groen ! Meyrem Almaci a lancé un appel au calme tout en estimant "inacceptables" les menaces, les slogans racistes et les cambriolages de la nuit précédente.