MR : la nuit des longs couteaux (II)

Didier Reynders remet le couvert. Après avoir reçu, jeudi dernier, une délégation du groupe "Renaissance", qui s’oppose à lui et demande une consultation des membres, Didier Reynders, le président du MR a organisé une grande réunion, dimanche soir, dans l’espoir de refaire l’unité du parti.

V.d.W.

Didier Reynders remet le couvert. Après avoir reçu, jeudi dernier, une délégation du groupe "Renaissance", qui s’oppose à lui et demande une consultation des membres, Didier Reynders, le président du MR a organisé une grande réunion, dimanche soir, dans l’espoir de refaire l’unité du parti. Parmi les personnalités présentes, d’un côté Louis Michel, Charles Michel, Olivier Chastel, Hervé Jamar, Willy Borsus, Frédérique Ries, Catherine Lecomte et Gérard Deprez, et de l’autre côté Armand De Decker, Daniel Bacquelaine, Didier Gosuin, Olivier Maingain, Dominique Tilmans, Sabine Laruelle, Françoise Bertieaux, ainsi que Daniel Ducarme.

Cette réunion clôturait en quelque sorte la série de consultations que Didier Reynders avait entamée il y a deux jours. Il avait successivement reçu les présidents du FDF (Olivier Maingain), du MCC (Gérard Deprez), la présidente du PFF, le parti libéral germanophone, Kattrin Jadin. Il a également reçu Daniel Ducarme, ancien président du MR (chargé de piloter un groupe de travail consacré aux statuts du parti), Louis Michel de même que certains de ses fidèles au rang desquels Armand De Decker ou encore Daniel Bacquelaine.

La réunion s’est en fait déroulée dans un climat extrêmement tendu. A un point tel que certains n’ont pas hésité à s’injurier. Exemple, à Willy Borsus, Daniel Ducarme a lancé : "Ton respect, je te le crache par la fenêtre.." Ambiance.

En fait, d’après certains participants, Didier Reynders n’a proposé aucun changement réel dans l’organisation du parti. Tout juste a -t-il suggéré qu’à l’avenir, on respecte mieux le fonctionnement des instances tel qu’il est prévu dans les statuts du mouvement : des réunions plus régulières, tous les lundis par exemple, du bureau exécutif. La proposition a été tout simplement jugée humiliante par les membres du groupe "Renaissance", d’autant qu’Olivier Maingain a répété son intention de poursuivre l’implantation de sections locales du FDF en Wallonie. Une démarche qui provoque l’ire de nombreux membres du MR, proches de Didier Reynders ou opposés à lui.

Bref, après trois heures de discussions très houleuses, particulièrement animées par des interventions jugées très musclées de Daniel Ducarme, l’ancien président du MR et d’Armand De Decker, le président du Sénat, les deux plus fidèles défenseurs de Didier Reynders, une suspension de séance est intervenue. Et il a été suggéré de poursuivre la discussion à cinq : Didier Reynders, Olivier Maingain, Gérard Deprez, Daniel Ducarme et Louis Michel.

La grande question demeurait de savoir quelle proposition concrète Didier Reynders ferait pour sortir du marasme dans lequel se débat le MR depuis la constitution d’un groupe de contestataires institué à la suite de la défenestration de la cheffe de groupe au Sénat, Christine Defraigne.

Sauf énorme surprise, il apparaissait qu’aucun grand changement en profondeur ne serait annoncé. La consultation des membres du MR, réclamée par les opposants, ne semblait, à l’heure actuelle, pas faire partie des scénarios du président du MR et de ses principaux conseillers. Pourquoi ? Parce que Didier Reynders estime encore et toujours qu’abandonner la présidence de sa formation politique l’affaiblirait immanquablement au sein du gouvernement. Un argument que ne partagent pas ses opposants.

Vers minuit, il était bien hasardeux de prédire quelle serait l’issue de cette réunion, existentielle pour le Mouvement réformateur.

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