Braquage ultra- violent à Uccle

C’est un braquage d’une rare brutalité qui s’est déroulé vendredi après-midi dans le quartier très fréquenté de la place Léon Vanderkindere, à Uccle. Deux malfrats ont abattu une automobiliste après avoir attaqué une bijouterie.

X.Du.
Braquage ultra- violent à Uccle
©Marie-Hélène Lahaye

C’est un braquage d’une rare brutalité qui s’est déroulé vendredi après-midi dans le quartier très fréquenté de la place Léon Vanderkindere, à Uccle.

Il était environ 14h40, lorsque deux jeunes individus, d’une vingtaine d’années environ et peut-être armés d’une arme factice, se sont introduits dans la bijouterie Léon-Philip Rubin, située dans la rue Vanderkindere. Là, ils se sont emparés du revolver, réel celui-là, du bijoutier qu’ils ont retourné contre lui, le frappant à la tête à coup de crosse. Ses jours ne sont toutefois pas en danger.

Mais le pire est à venir. Une fois sortis du magasin, les malfrats, qui n’étaient pas masqués mais coiffés d’une casquette, ont tiré à deux reprises en l’air, semble-t-il pour écarter toute résistance des passants nombreux à cette heure dans cette rue commerçante. Ils ont ainsi couru, sous l’œil de nombreux témoins, jusqu’à la place toute proche où ils se sont attaqués à une automobiliste à l’arrêt au feu rouge, avenue Brugmann, pour s’emparer de sa Renault Scénic. Mais cette dame, originaire du Brabant wallon, ne s’est pas laissée faire. Face à cette fermeté, l’un des deux bandits a tiré avec l’arme de poing du bijoutier qu’ils avaient emporté, blessant très grièvement à la tête cette femme dont le seul tort était d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Transportée dans un état critique, elle est décédée lors de son arrivée à l’hôpital.

Les deux malfaiteurs, qui avaient selon certains témoins abandonné leur arme, ont ensuite été rapidement maîtrisés par deux auxiliaires de police non-armés, alors qu’ils s’étaient réfugiés dans un immeuble de l’avenue Brugmann. Ils n’avaient sur eux aucun butin, selon le parquet de Bruxelles, qui est descendu sur place.

Inutile de dire que dans ce quartier, c’est la consternation face à cette débauche de violence. C’est que ce fait divers peu commun vient confirmer les statistiques policières qui, si elles indiquent une baisse de 20 % des cambriolages, notamment à Uccle, comme le soulignait vendredi soir le bourgmestre de la commune, Armand De Decker (MR), montrent également que les attaques à main armée marquées par une extrême agressivité sont, elles, de plus en plus fréquentes.

Voilà qui relancera, assurément, le débat de la lutte contre la criminalité à Bruxelles, débat récemment remis au goût du jour à la faveur de l’annonce par le parquet d’une politique de tolérance zéro à l’égard de toutes les formes de délinquance. Le braquage ucclois interpellera d’autant plus qu’il a frappé un quartier où, jusqu’ici, le phénomène de violence urbaine n’avait pas atteint le degré connu dans certaines communes voisines.


La commune peu soutenue pour la sécurité et la prévention Le député bruxellois du MR, Emmanuel De Bock, a demandé samedi que la Région bruxelloise revoie sa politique régionale de prévention et de proximité à l'égard de la commune d'Uccle, à la suite du meurtre commis vendredi dans cette commune du sud de la capitale, après l'attaque d'une bijouterie. D'après lui, celle-ci fait partie des quelques communes que la Région-capitale exclut depuis des années de ses politiques de prévention et de sécurité. "Il n'est pas normal, a-t-il notamment dit, que les 15 millions d'euros attribués en 2009 en matière de prévention et de politique de proximité n'accordent que 4 € par habitant à Uccle, soit trois fois moins qu'à Auderghem et à Watermael-Boitsfort et 12 fois moins qu'à Saint-Josse". En matière de cohésion sociale, Uccle est, selon lui, injustement exclue des politiques publiques prévues, alors qu'elle recueille une pauvreté croissante, abritant 7,2% de la population bruxelloise et plus de 6% des Bruxellois gagnant moins de 800 euros par mois. Il est urgent que le Gouvernement régional reconnaisse que les phénomènes de pauvreté, comme ceux de l'insécurité, ne s'arrêtent pas aux frontières de certaines communes, a-t-il conclu.