Transfert inattendu pour Mgr De Kesel

Dans les hautes sphères ecclésiales belges, on nous dit avec force que le changement n’est pas si inattendu qu’on pourrait le penser. Et qu’à la limite, il était même dans l’air.

Christian Laporte
Transfert inattendu pour Mgr De Kesel
©BELGA

Dans les hautes sphères ecclésiales belges, on nous dit avec force que le changement n’est pas si inattendu qu’on pourrait le penser. Et qu’à la limite, il était même dans l’air.

Pourtant, l’annonce faite par la conférence épiscopale, mercredi midi, que Mgr Léonard a choisi Mgr Jozef De Kesel comme évêque auxiliaire pour le vicariat du Brabant flamand et de Malines a pour le moins ému les catholiques bruxellois qui appréciaient beaucoup celui qui était leur évêque depuis 2002.

Bigre, voilà un homme de Dieu qui avait l’estime de toutes les communautés linguistiques, belges et autres, présentes dans la capitale au point d’avoir fait taire les plus "francophonissimes" qui estimaient que l’évêque de Bruxelles devait être francophone.

Mais les atouts de Mgr De Kesel n’étaient pas que linguistiques; ils étaient aussi éminemment pastoraux: l’évêque avait parfaitement compris le défi de resituer utilement l’Eglise dans une ville largement sécularisée. Et dans cette optique, il avait approuvé certaines expériences nouvelles sur le plan pastoral avec une plus grande implication notamment des laïcs.

Avec le cardinal Danneels, il fut aussi un important artisan de la réussite de Bruxelles-Toussaint 2006 et de l’accueil de Taizé fin 2009. Enfin, comment ne pas se souvenir de son intervention empreinte d’une grande humanité lors des funérailles du chanoine de Locht qui avait été boycotté par une certaine intelligentsia cléricale?

Mais soit, selon les normes ecclésiales, un bon évêque n’est pas assigné une fois pour toutes à un diocèse ou partie de diocèse comme en attestent les derniers choix archiépiscopaux.

Un chapitre nouveau s’ouvre donc pour Mgr De Kesel qui aura le chanoine Etienne Heyse comme adjoint. Mgr Léonard, pour sa part, demandera au pape de désigner un nouvel évêque auxiliaire pour Bruxelles. En attendant, c’est le chanoine Herman Cosijns qui dirigera le vicariat avec le titre de vicaire épiscopal.

Mgr André-Joseph Léonard s’est dit "profondément reconnaissant envers Mgr De Kesel d’avoir accepté cette nomination". Et d’avouer qu’il est "bien conscient qu’il sera regretté à Bruxelles où chacun appréciait son intelligence et sa sagesse".

Mais voilà, "vu son expérience pastorale et ses qualités, tant humaines que spirituelles, il est le pasteur le plus apte à diriger le vicariat le plus peuplé de l’archidiocèse. L’importance de la tâche est à la mesure de la confiance que je lui accorde".

Dans ses remerciements, l’archevêque remercie également le chanoine Etienne Heyse pour son engagement au service du Brabant flamand et de Malines et bien sûr le chanoine Herman Cosijns d’avoir accepté d’assurer l’intérim dans la capitale.

De son côté, Mgr De Kesel dit "accepter dans la confiance la nouvelle mission qui (lui) est confiée par notre archevêque".

Le nouvel évêque brabançon remercie aussi du fond du cœur tous les Bruxellois pour leur accueil "car" dit-il, non sans émotion "je me suis très vite senti chez moi dans la capitale. Ma gratitude va également à tous les collaborateurs - prêtres, diacres, assistants pastoraux et fidèles laïcs - qui ont porté avec moi le souci pastoral de l’Eglise catholique de Bruxelles".

Conséquence? Si le Brabant flamand, qui représente la majorité des fidèles de l’archevêché, retrouve un évêque, il y a désormais deux postes vacants importants à pourvoir: celui de Namur et de Bruxelles, symboliquement important parce que c’est la capitale de la Belgique mais aussi de l’Europe. Un beau double suspense garanti