Dehaene peut réussir
Le commissaire royal soumettra, ce soir, une proposition de fond. Dans la corbeille, notamment, une réduction des pouvoirs du Roi. Ce mardi, chattez avec Francis Van De Woestyne sur la question de BHV entre 12h et 13hDiscrétion de mise au MR, au PS et au FDFOlivier Maingain ne sera vraisemblablement pas revenu à temps De Croo: "pas d'indication qu'il n'y aurait pas de bonne volonté" Mais il peut aussi échouer La nomination des bourgmestres est un droit non négociable Van Hoobrouck: "antidémocratique" de promettre une participation au gouvernement
Publié le 19-04-2010 à 04h15 - Mis à jour le 19-04-2010 à 13h29
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La dépêche est tombée, dimanche peu avant 16h30 : " Jean-Luc Dehaene informe qu’il a demandé au Premier ministre d’inviter lundi soir les présidents du CD&V, CDH, Ecolo, Groen!, MR, PS et Open VLD à se réunir afin de lui permettre, conformément à la mission que lui a conférée le Roi, de leur présenter une proposition de fond pour la négociation qu’ils mèneront sur des problèmes institutionnels et plus particulièrement celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde ." L’objectif est donc que le Premier ministre, Yves Leterme, puisse présenter, en cas d’accord, le contenu de celui-ci au Parlement dans le courant de la semaine. Fidèle à ses habitudes, Jean-Luc Dehaene souligne que " pour sauvegarder les chances de succès, il est nécessaire de maintenir dans la phase finale des négociations la discrétion dont ont fait preuve jusqu’ici tous ses interlocuteurs ".
En fait, Jean-Luc Dehaene a surpris tout le monde par ce communiqué. Quelques minutes encore avant cette annonce, les commentaires des négociateurs et de leurs proches étaient plutôt désabusés : " Rien n’a bougé depuis 24 heures ", disait l’un. " Aucune réunion multilatérale n’est prévue ", confiait un autre. " Dehaene n’a fait que du bilatéral jusqu’ici. Et à cette heure, il doit être en train de regarder le match Bruges-Anderlecht ", prolongeait un autre
Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences.
Evidemment, soumettre une proposition d’accord, ce n’est pas encore engranger un accord. De la coupe aux lèvres, le chemin peut être encore très long. Mais, même si ce n’est pas encore gagné, on peut aligner ici les raisons qui permettent encore et toujours de croire à une réussite des négociations. Ci-dessous, nous étalerons les éléments qui donnent plutôt raison aux pessimistes.
Oui, donc, Jean-Luc Dehaene peut réussir.
Pourquoi ? D’abord, parce c’est Jean-Luc Dehaene qui négocie. Honnêtement, si lui échoue, personne d’autre ne pourra relever ce défi. Jean-Luc Dehaene, on l’aime ou pas, on ne peut nier cette incroyable capacité qu’il a de ferrer des accords. Sa force, ici - même si rien n’est encore gagné - a été d’élargir le menu, de faire en sorte que face aux exigences de scission de BHV, les francophones, surtout eux, puissent trouver sur la table de quoi se régaler, à savoir, des compensations suffisamment honorables qui permettent de faire passer l’amère pilule de la scission dont ils ne voulaient pas au départ.
Quoi comme compensations ? Le droit d’inscription, en matière électorale mais aussi judiciaire, une extension des compétences de la Communauté française en périphérie (inspection pédagogique) voire même, mais cela n’est pas encore sûr, le placement des communes à facilités sous l’autorité de la loi fédérale pour certains aspects. Pour certains points, les choses se feraient étape par étape.
Jean-Luc Dehaene peut réussir parce qu’il ne s’est pas limité à cela. Pour s’attirer les faveurs du MR, piloté par le FDF - qui à la demande de scission exige toujours l’élargissement peu probable de Bruxelles - Jean-Luc Dehaene aurait (suggestion personnelle ou celle du MR ?) que les libéraux figurent dans le prochain gouvernement fédéral. Mais il aurait, aussi, suggéré que la prochaine législature fédérale soit raccourcie d’un an. Ainsi, en 2014, il y aurait regroupement de toutes les élections non locales : européennes, fédérales et régionales.
Certaines sources confirment aussi (mais là il s’agirait plutôt d’une demande flamande, du VLD en particulier) que Jean-Luc Dehaene a mis sur la table une réforme (qui irait dans le sens d’une réduction) des pouvoirs du Roi.
Jean-Luc Dehaene peut réussir parce que le calendrier ne le condamne pas, en fait, malgré les petits ultimatums du VLD, à trouver une solution définitive pour ce mercredi. Jean-Luc Dehaene peut faire accepter, par les partis qui négocient, un projet d’accord sur lequel ils jugent intéressant de travailler. A charge pour le négociateur royal de poursuivre sa mission jusqu’à l’exécution de cet accord et éviter ainsi un vote, à la Chambre, à la mi-mai, des propositions organisant la scission de BHV.
Jean-Luc Dehaene peut réussir parce que la volonté des partis de la majorité d’aboutir à un accord est très forte. La confiance semble régner au sein de l’équipe Leterme. C’est essentiel. Il y a, comme on dit, une fenêtre d’opportunité qui devrait pousser les partis à chercher un véritable compromis négocié. Aucun des partis de la majorité n’a intérêt à se retrouver face à l’électeur. Tout d’abord parce que la crise économique et sociale a mis à l’avant-plan des préoccupations citoyennes : l’emploi, la sécurité sociale, les pensions, etc. On peut penser qu’une campagne électorale au départ d’une crise communautaire pousserait les électeurs à sanctionner les partis traditionnels qui ont tous promis de s’occuper des problèmes quotidiens. BHV n’en est pas vraiment un. En Flandre, on sent bien aussi qu’une élection renforcerait surtout la N-VA, - qui est dans l’opposition au fédéral et dans la majorité en Flandre - et fragiliserait encore le CD&V, un CD&V qui espère plutôt profiter de la présidence européenne et du parcours intéressant que livre le Premier ministre, Yves Leterme, pour affronter les électeurs en juin 2011. Pas avant.
Jean-Luc Dehaene peut réussir car la Belgique doit présider, à partir du 1er juillet prochain et pendant six mois, l’Union européenne. Personne, en Belgique, n’a envie de vivre le calvaire des Tchèques, qui ont connu une crise politique pendant leur présidence. Etaler des divisions politiques porterait un nouveau coup à la crédibilité de notre pays.
Cela dit, rien n’est encore gagné. Comme on le lira ci-contre.
Ce mardi, chattez avec Francis Van De Woestyne sur la question de BHV entre 12h et 13h
Vive les vacances Avion. La paralysie du ciel aérien de l’Europe du Nord aura-t-elle une influence sur la négociation BHV? Sans aller jusque-là, on peut pointer la situation assez cocasse dans laquelle se trouvent plusieurs hommes politiques de premier plan. A commencer par le président du FDF, Olivier Maingain, qui doit normalement participer à la négociation sur BHV aux côtés de Didier Reynders. Mais Olivier Maingain, (distraction, désillusion, stratagème ) avait choisi de partir au cours de la deuxième semaine des vacances de Pâques. Et de consacrer ces 7 jours à la visite passionnante - on peut le comprendre - des villes impériales marocaines. Mais quand l’heure du retour a sonné, plus aucun avion n’a décollé. Aux dernières nouvelles, dimanche après-midi, Olivier Maingain avait quitté Marrakech pour se rendre à Tanger. Il attendait un Hovercraft pour gagner le sud de l’Espagne. Là, il espérait trouver un train qui le conduirait soit à Madrid, soit à Barcelone - le veinard Et de là, il espérait pouvoir louer une voiture pour regagner la Belgique en partageant le volant avec sa femme. Il se souviendra, c’est sûr, de son périple. Ce qui fait dire à certains plaisantins que Jean-Luc Dehaene a accéléré les choses pour boucler un accord avant son retour Autre personne bloquée: Patrick Dewael (qui doit présider la séance de la Chambre jeudi au cours de laquelle Yves Leterme pourrait présenter l’accord sur BHV). Il conduisait un voyage des chefs de groupe au Vietnam et en Corée du Sud. Leur vol retour a été supprimé. Après des escales en Thaïlande et à Singapour, les députés espéraient atteindre la Grèce ce lundi après un voyage de 30 heures. La Grèce est l’un des rares pays européens à ne pas être concerné par la fermeture de l’espace aérien. Avant de prendre l’avion, la délégation s’est divisée en deux groupes. Le premier était composé des chefs des députés CDH, SP.A, LDD et Vlaams Belang. Le président de la Chambre Patrick Dewael (Open VLD) et les députés Open VLD, CD&V, PS et MR suivront. V.d.W
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